Les entreprises ont un outil méconnu pour réduire leur empreinte plastique: leurs chaînes d’approvisionnements.

Que ce soit des meubles de bureau, des bouteilles en plastique, des emballages, du matériel informatique ou du mobilier urbain, une organisation peut efficacement réduire son empreinte plastique à condition de privilégier une démarche d’économie circulaire… dès sa chaîne d’approvisionnement. C’est ce que souligne Anne-Marie Saulnier, directrice de l’Espace de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable (ECPAR), un réseau québécois d’organisations privées et publiques de tous secteurs, qui travaille depuis près de dix ans sur les meilleures pratiques à adopter dans le processus d’achats responsables.

Pour ce faire, l’ECPAR recommande la mise en œuvre de critères fondés notamment sur les 3R – réduction, réutilisation et recyclage. Ainsi, le processus d’acquisition d’un bien doit, selon les besoins, favoriser la location plutôt que l’achat – par exemple des verres et ustensiles offerts en location pour les événements. Il doit aussi prioriser les alternatives aux produits en plastique à usage unique lorsqu’elles existent, tout comme les biens démontables, réparables et de longue durée de vie.

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Anne-Marie Saulnier

«L’important est d’acheter le bien le plus durable sur le marché avec garantie du fournisseur», indique Anne-Marie Saulnier. L’objectif: prolonger le cycle de vie des produits et assurer par ailleurs leur réutilisation. «La réutilisation est un critère plein de bon sens, mais il est encore très peu utilisé. Il existe pourtant des babillards de biens usagés, à l’image de celui du gouvernement du Québec ‘Pensez bien, pensez vert’ où l’on peut s’approvisionner en mobilier de bureau par exemple.»

Il existe aussi des entreprises qui récupèrent et réparent le matériel informatique usagé avant de le proposer sur le marché à prix réduit. Le recyclage quant à lui contribue à la réduction de l’empreinte plastique selon Anne-Marie Saulnier lorsque le bien acquis est recyclable et composé d’un certain pourcentage de matériaux recyclés.

Mais au-delà de ces critères, il est également important pour une organisation désireuse d’améliorer sa performance plastique d’adopter certaines bonnes pratiques. Elle devrait par exemple exiger de ses fournisseurs de récupérer le produit – ou la matière – en fin de vie pour le réintégrer dans leur propre filière de production. Le réseautage entre les différents acteurs de l’économie circulaire est également essentiel, que ce soit à travers la plateforme Québec Circulaire ou des symbioses industrielles régionales par exemple, pour se tenir informé de la circularité des matières existantes et des innovations qui se développent sur le marché. Les entreprises sont d’ailleurs appelées à stimuler la visibilité des innovations, particulièrement celles proposées par des startups. «Elles devraient développer un processus permettant aux petits fournisseurs innovants de tester l’efficacité de leur nouveau produit ou nouvelle technologie à travers les preuves de concept ou bancs d’essai.»

Accessibles à toutes les organisations dans le cadre de leurs appels d’offres et autres acquisitions de produits, ces critères d’approvisionnement responsable constituent donc des outils efficaces de réduction de l’empreinte plastique.


Anne-Marie Saulnier participera au panel «Emballage: faire mieux, autrement» lors du Forum Novae – Plastique du 24 octobre. Pour consulter le programme et s’inscrire, cliquer ici.


Photo de une: Ruchindra Gunasekara

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