Alors qu’innover consiste à d’abord refuser le statu quo, nous sommes tous légitimes à réclamer, voire initier un nouveau système.

C’est la réflexion que propose Mickaël Carlier, président de Novae, à sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada, alors que se tiennent, vendredi 15 mars, des manifestations pour le climat dans des dizaines de villes à travers le monde.

«On ne peut pas seulement attendre que les changements viennent des gouvernements et des entreprises – bien qu’ils soient nécessaires. L’innovation, peut – doit – venir de tout le monde. Il suffit d’oser et faire preuve d’imagination: de l’imagination nait l’influence. D’ailleurs, il est probable que vous soyez déjà tous engagés dans ces changements ; il suffit d’y porter attention.» Il en est ainsi par exemple du repas végétarien que l’on prend, même si l’on ne se revendique pas absolument végétarien; ou de cette bouteille de shampoing que l’on va remplir dans un magasin en vrac. «Ces gestes multipliés par 30 millions de Canadiens, ce sont potentiellement 30 millions de repas végétariens et 30 millions de bouteilles en plastique évitées; ces exemples simples nous rappellent que le changement est accessible. Ils nous permettent aussi d’orienter notre attention sur ces actions positives.»

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La jeune militante Greta Thunberg a inspiré des dizaines de milliers de jeunes à manifester le 15 mars, un peu partout sur la planète.

Il s’agit ici de souligner ce que l’on oublie trop souvent, à savoir que nous sommes tous inter-reliés, tant vis-à-vis de la nature que des autres personnes. Ce qui implique trois choses. «D’abord, nous sommes inter-dépendants: malgré notre société dite ‘individualiste’, tout individu dépend énormément du groupe. Il est en effet peu probable que vous ayez fabriqué vous-même votre voiture, votre téléphone, vos chaussures…: nous dépendons de milliers de personnes.»

«Ce que l’on fait a une influence, qu’on le veuille ou non.
Reste à voir si l’on veut avoir une influence positive ou négative.
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«Deuxièmement, les décisions des autres peuvent avoir un impact sur nous – et l’inverse est également vrai. Faites cette simple expérience: souriez dans la rue, vous verrez des sourires s’afficher sur le visage de ceux que vous croisez. Ce que l’on fait a une influence, qu’on le veuille ou non. Reste à voir si l’on veut avoir une influence positive ou négative.»

Ce qui mène à la troisième implication de nos inter-relations: la responsabilisation. «Etre responsable, c’est se réapproprier de l’autonomie, c’est se donner du pouvoir.» Une responsabilisation qui se traduit aujourd’hui par l’émergence de mouvements tels que les fablabs et les low-tech, par lesquels on reprend en main nos objets du quotidien, ou de l’agriculture urbaine, qui permet potentiellement de gagner en autonomie alimentaire.

«Cette responsabilisation a une influence positive sur nous – et rayonne donc sur les autres. Or, à une époque où beaucoup de gens cherchent un sens à leur existence, avoir une influence positive sur la société ne peut-il pas constituer une réponse intéressante?»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


 Photo de Une: Simon Maage

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