Face aux technologies, à la fois omniprésentes, complexes et énergivores, un mouvement suscite de plus en plus d’intérêt: les low-tech.

«Il y a quelques jours, un site d’information aux États-Unis a lancé une version 100% solaire de son média en ligne, raconte Mickaël Carlier, président de Novae, à sa chronique Innovation sociale à Radio-Canada. Ses serveurs, installés à Barcelone, sont alimentés exclusivement en énergie solaire, et le design du site a même été revu afin d’en réduire les besoins énergétiques.» Objectif de l’initiative: souligner l’impact énergétique d’Internet. En outre, ce site n’est pas n’importe lequel : il s’agit de Low-Tech Magazine, un média spécialisé dans les low-tech. Contre-pied de la high-tech, les low-tech désignent des technologies simples, ingénieuses, qui utilisent des matériaux recyclés et qui sont facilement réparables. «De fabrication locale, on est ici plus proche de l’artisanat que de la production industrielle. Respectueuses de l’environnement, ces technologies cherchent à mettre l’Homme au coeur des préoccupations.»

Si l’on peut par exemple trouver des objets tels que des remorques à vélos à fabriquer soi-même ou des fours solaires, le low-tech constitue aussi une philosophie : on cherche à faire mieux avec moins. «Il s’agit d’utiliser moins de technologies dans notre quotidien. En ce sens, se rendre au travail à pied ou à vélo, ou réparer soi-même ses appareils au lieu de les jeter, s’inscrivent dans la philosophie low-tech.»

lowtechmag

Le site du média américain Low-Tech Magazine est passé à une version 100% solaire.

Alors que notre défi de réduire notre empreinte environnementale se fait de plus en plus pressant, l’intérêt pour ces approches est grandissant, comme en témoigne l’émergence de plateformes telles que Low-Tech Lab, qui recense et démocratise ces technologies. «On cherche à faire mieux avec moins. À être ‘indépendant’ vis-à-vis des entreprises qui nous vendent leurs produits, vis-à-vis de ce système de consommation.»

Les low-tech cherchent ainsi à rééquilibrer ce rapport entre l’utilité indéniable des technologies et les répercussions néfastes qu’elles finissent pas occasionner. «Pensez à ces moments où la technologie a cessé de vous rendre service. Comme tout ce stress que vous vivez au volant de votre auto lorsque vous êtes coincé dans les trafic; ou les impacts psychologiques que causent les médias sociaux et les téléphones intelligents. Si ces technologies sont évidemment innovantes et utiles, elles ont aussi aujourd’hui de plus en plus d’effets pervers.»

«Le problème est que l’on s’est mis à croire que l’innovation et le progrès passaient nécessairement par la technologie. Or, pour être un progrès, la technologie doit résoudre un problème, pas en créer un nouveau –  qu’il s’agisse de stress ou de dégradation de l’environnement. C’est la réflexion que l’on doit retenir des low-tech: il faut remettre l’Homme – et plus largement le vivant – au coeur des objectifs de développement de nos sociétés, au coeur des notions de véritable progrès.»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


Une: Projet d’implantation de low-tech mené par l’équipe du Low-Tech Lab auprès de réfugiés et migrants, sur l’île de Lesbos, en Grèce.

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