De l’aérothermie à la production décentralisée, les nouvelles approches en matière d’énergies « propres » sont à nos portes.

Pour François Dussault, vice-président d’Énergère, une compagnie de services éco-énergétiques, les innovations technologiques en efficacité énergétique se perfectionnent. Parmi celles qu’il faut particulièrement surveiller, les thermopompes, prometteuses notamment en aérothermie. Celle-ci fonctionne sur la même base que la géothermie, excepté qu’elle puise l’énergie dans l’air ambiant extérieur. «Les technologies impliquant des pompes à chaleur génèrent à terme des économies financières par rapport à des technologies conventionnelles dans les bâtiments.» Même dans le contexte québécois de faible coût de l’électricité, ce type de projet demeure «viable et intéressant s’il couvre une mixité d’usages entre le résidentiel, les bureaux et les commerces, ainsi que des besoins collectifs dans une densité suffisante.»

D’ailleurs, l’utilisation des thermopompes est d’ores et déjà en plein développement, comme l’illustre le projet de l’écoquartier Technopôle Angus à Montréal (photo ci-dessous), doté d’une boucle énergétique fonctionnant grâce à un système de pompe à chaleur et favorisant l’échange et la récupération d’énergie entre les bâtiments. L’utilisation additionnelle de l’aérothermie dans ce projet permet de compenser en partie le déficit de chaleur en hiver. Une chaudière à haute efficacité complète enfin ce déficit en dernier recours. «On aura toujours besoin de combustion» pour compléter les pompes à chaleur. En ce sens, la valorisation des déchets comme la biométhanisation présente également un intérêt certain.

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Autre filière prometteuse côté production d’énergie, François Dussault croit en l’avenir du solaire au Québec. «Elle fera partie des prochaines analyses de rentabilité (…) grâce à la diminution constante de ses coûts à l’échelle mondiale.» Alors qu’en comparaison «le coût des centrales hydrauliques, qui inclut la création de réservoirs, de barrages, l’acheminement de l’électricité sur de longues distances, ne devrait pas décroitre dans le temps.» Ainsi, à bénéfice égal en terme environnemental, ce sont donc les coûts qui avantageront une filière particulière plutôt qu’une autre.

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François Dussault

Dans la même logique, la production décentralisée, qu’il s’agisse aussi bien d’énergie géothermique, solaire ou éolienne par exemple, reste intéressante si «l’investissement de départ est justifié par rapport aux bénéfices qu’il crée, notamment en économies générées.» L’intérêt de la décentralisation du système énergétique est par ailleurs de désengorger le réseau électrique en période de pointe et de retarder la construction de nouvelles infrastructures en cas de besoin. Solution gagnante pour tout le monde, François Dussault relève d’ailleurs que Green Mountain Power, un fournisseur d’électricité du Vermont, encourage les installations décentralisées à travers un programme offrant à ses clients de l’équipement en location, voire gratuitement. « Si on extrapole, dans l’avenir, on pourrait imaginer autant les différents types de valorisation des déchets plus écologiques que des minicentrales locales de production électrique solaire qui viennent desservir des quartiers ou qui s’accrochent au réseau. Ça pourrait être très envisageable à moyen terme.»


François Dussault, vice-président d’Énergère, sera conférencier lors du Forum Novae 2018, le 25 octobre prochain.


Photo de Une par rawpixel, sur Unsplash. 

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