La jeune entreprise La Transformerie poursuit son développement pour aider les commerces à donner une seconde vie à leurs invendus alimentaires.

Fruits et légumes de qualité mais à peine abîmés, légèrement flétris ou à l’aspect irrégulier, La Transformerie récupère à Montréal les invendus que les épiceries et fruiteries s’apprêtent à jeter. Transformés en conserves, ces indésirables retrouvent une valeur marchande et regagnent les étalages. La mission de La Transformerie: lutter contre le gaspillage alimentaire en coopération avec les commerces et selon une logique d’économie circulaire; un projet salué par un prix coup de cœur lors du concours Mouvement Novae, en 2018.

«Le concours Mouvement nous a permis de bâtir un réseau avec des gens qui ont les mêmes valeurs que les nôtres et d’amener des points de réflexion sur notre modèle d’affaires», indique Guillaume Cantin, cofondateur de La Transformerie. Depuis, l’entreprise a notamment amorcé une phase de démarrage en avril dernier dans le cadre d’un projet-pilote de six mois, initié par l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie, à Montréal, et à travers lequel La Transformerie s’est vu octroyer 25000 $ pour contrer le gaspillage alimentaire. Ce projet permet de recueillir des données sur les quantités et les types de denrées gaspillées, de comprendre la réalité des commerçants et de mener une réflexion sur la manière de structurer un service de collecte, de transformation et de redistribution des invendus.transformerie2

«Nous collectons les denrées une fois par semaine auprès de quatre commerces de l’arrondissement, ce qui nous donne 450 kg à 550 kg d’invendus par semaine: c’est 40 à 50% plus que ce que nous avions prévu. Il y a 60 commerces alimentaires dans l’arrondissement, on peut donc imaginer la quantité de denrées à collecter!»

guillaumecantin

Guillaume Cantin

La Transformerie utilise environ 20% des invendus récupérés tandis que la majorité des denrées est remise au Centre de Ressources et d’Action Communautaire de la Petite-Patrie, un organisme en dépannage alimentaire. «Nous voulons nous assurer que des gens dans le besoin puissent avoir accès à une nourriture de qualité.» Car au-delà des denrées récupérées par La Transformerie, une quantité plus importante d’invendus émerge dans les commerces. Aussi l’entreprise se veut un intermédiaire entre les partenaires du réseau, et encourage commerçants et organismes communautaires à s’unir et organiser d’autres ramassages, voire développer un véritable réseau de distribution des invendus.

La Transformerie franchissait en mai dernier une autre étape importante en lançant sa première gamme de produits, Les Rescapés, des tartinades sucrées déclinées en six variétés. Vendues actuellement chez ses quatre fournisseurs locaux – dont deux magasins Rachelle-Béry et un IGA -, ces tartinades trouveront d’autres points de vente d’ici l’automne grâce aux nouveaux partenaires qui se joindront au réseau. L’entreprise veut par ailleurs étendre la distribution à des commerces non partenaires, comme les boulangeries et les épiceries fines, tout comme les épiceries zéro déchet pour lesquelles une tartinade caramel de banane, particulièrement adaptée pour la vente en vrac, est déjà envisagée.

À terme, le projet-pilote servira de base pour faire évoluer le modèle d’affaires de la Transformerie à plus grande échelle. Un processus, qui selon Guillaume Cantin, doit rester fidèle à la mission de l’entreprise : aider les commerces alimentaires à réduire le gaspillage à la source.


Les candidatures pour Mouvement 2020 se tiennent jusqu’au 24 septembre. Pour consulter le règlement et soumettre sa candidature, cliquer ici.


sur le même sujet

  • infolettre

    Envoyée tous les jeudis