De plus en plus d’entreprises ont compris que si la nature se dégrade, leurs affaires en pâtissent aussi.

«C’est particulièrement vrai dans le domaine du plein air : comment faire des affaires si notre environnement n’y est plus favorable ?», souligne Mickaël Carlier, président de Novae, dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. Cela conduit les marques de ce secteur à se mobiliser pour préserver la nature – et leur raison d’être.

Elles le font notamment sur le plan politique. Un cas important fait beaucoup parler depuis quelques semaines aux États-Unis : Patagonia et d’autres entreprises du secteur s’élèvent contre Donald Trump. En décembre, le président américain réduisait drastiquement la superficie de deux territoires du Utah que Obama avait désignés Monuments nationaux en 2016, sous prétexte de faciliter l’accès à la nature à un plus grand nombre d’américains. «Patagonia et autres y voient surtout le risque qu’on donne ainsi un large accès aux exploitations minières, forestières et gazières. L’entreprise a alors lancé une campagne de mobilisation arguant que “Le président a volé votre territoire” et se dit même prête à poursuivre le président en justice pour une action qu’elle considère illégale.»

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Si toutes les entreprises ne s’engagent pas au niveau politique, elles ont en commun de pouvoir user de leur influence pour promouvoir une meilleure protection de la nature. C’est le cas par exemple de Mountain Equipment Coop et de son programme Génération plein air, à travers lequel l’entreprise mobilise les jeunes de partout au pays pour les inciter à faire davantage d’activités extérieures. «On développe ici l’intérêt pour la nature, on stimule la création de projets en lien avec le plein air et ultimement on sensibilise la population.»

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Un «canoe-concert» organisé par l’entreprise Abitibi & co.

Autre exemple : le manufacturier québécois de canots Abitibi & co, dont l’essentiel des communications-marketing passe par des activités telles que la publication de son magazine Beside. On y parle par exemple de la valeur de la nature et des impacts économiques du déclin de la biodiversité. «On n’est pas dans un catalogue de vente de canots! On développe plutôt cette conscience de la nature – et de sa valeur.» Des pratiques qui bien entendu ne sont pas incompatibles avec les objectifs marketing des entreprises. «Mais après tout, on veut tous être séduits par des entreprises qui prennent soin de la nature, non ?»

A l’instar des entreprises du plein air, toute organisation est concernée par la dégradation de la nature. «Les entreprises de plein air sont aux premières loges : si la nature va mal, leurs activités iront mal. Ce qui explique qu’elles se mobilisent fortement. Mais ces mouvements vont gagner en importance: toutes les entreprises dépendent de près ou de loin d’une ressource naturelle, elles n’auront donc pas de choix d’en prendre soin pour assurer leur survie.»

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

* Photo de Une : Surf The Greats, l’un des projets ayant obtenu un financement dans le cadre du programme Génération plein air, de Mountain Equipment Coop.

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