Ces trois tendances en innovations sociales ont marqué l’année et influenceront 2018.

En cette période des bilans et des rétrospectives de l’année, Mickaël Carlier revient dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada, sur trois tendances fortes qui ont marqué 2017. «Alors que plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui en milieu urbain, la première tendance concerne le rôle grandissant que jouent les villes en matière d’innovation sociale. Pensons à l’agriculture urbaine, qui gagne peu à peu toutes les villes : de plus en plus, la ville se fait nourricière – on fait pousser des légumes sur les toits, sur les trottoirs, etc.»

Soulignons aussi ces villes qui prennent part à ce vaste mouvement destiné à retirer l’asphalte de certaines zones urbaines, ou encore cet intérêt assez récent pour des réhabilitations créatives des bâtiments vacants, à l’image d’Entremise qui cherche à donner de nouvelles vocations transitoires aux édifices non utilisés de Montréal. «Et l’on peut combiner ces divers avantages, comme le fait Sole Food Farms, de Vancouver, qui utilise des terrains vacants pour y installer des fermes urbaines et qui, en plus, emploient des personnes en situation de précarité, les aidant ainsi dans leur réinsertion sociale et professionnelle.»

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Mickaël Carlier, président, Novae

La seconde tendance de 2017 concerne la gestion des déchets. «Il semblerait que cette année l’on est réellement pris conscience de l’impact de nos déchets, mais aussi de leur valeur. À l’image de la Fondation Ellen McArthur qui mobilisait en début d’année une quarantaine de grands groupes internationaux autour des notions d’économie circulaire afin qu’ils repensent leurs façons de créer et récupérer leurs emballages plastiques. Ou d’une entreprise comme Enerkem, qui produit du bioéthanol à partir de nos déchets. Ce qu’il faut retenir, c’est que dès lors que les entreprises trouvent un modèle économique viable, elles sont prêtes à transformer leurs processus. En ce sens, 2017 marque peut-être le début d’une véritable révolution industrielle… sans déchet!»

Et la troisième tendance concerne l’alimentation. «Je nommerais 2017 l’année du grillon! L’insecte comestible constitue un bel emblème pour cette tendance : en 2017, on s’est énormément questionné sur nos systèmes alimentaires, d’où viennent nos aliments, quelles sont les nouvelles formes de production agricole, bonnes pour nous et pour la planète. C’est qui a conduit à l’émergence de nouveaux secteurs, comme la production d’aliments à base de farine d’insectes, mais aussi de procédés agricoles tels que l’aquaponie et la permaculture, ou encore du Slow Money, mouvement permettant de créer une véritable communauté de soutien financier autour de ces nouveaux acteurs de l’agriculture durable.»

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

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Le grillon, emblème de la révolution alimentaire amorcée en 2017 ?

 * Photo de Une: système de production aquaponique développé par l’entreprise québécoise Écosystèmes Alimentaires Urbains (ÉAU)

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