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Vers une architecture circulaire au Québec

Par La Rédaction | 17 novembre 2021 | À la une | Architecture

Pour revaloriser les déchets que génèrent la construction et la rénovation, Architecture sans frontières déploie un projet d’économie circulaire. Bruno Demers en détaillera la vision et les impacts lors de la Conférence Novae – Architecture, le 7 décembre.

L’économie circulaire attire un nombre croissant d’entreprises, et ses applications sont diverses. Le domaine de l’architecture en est un des plus récents exemples, alors qu’Architecture sans frontières (ASF), bras humanitaire de l’Ordre des architectes du Québec, vient de franchir une étape significative afin de doter le marché québécois d’une véritable plateforme de récupération et de valorisation des résidus de construction et de rénovation. En effet, après avoir testé le concept durant quelques années, l’organisme a fait l’acquisition en 2020 d’Eco-Reno, une entreprise montréalaise spécialisée depuis vingt ans dans la récupération de matériaux usagés, patrimoniaux et neufs. Puis, le mois dernier, ASF recevait un soutien financier de 500000$ de la Ville de Montréal, permettant à l’organisme d’accélérer la concrétisation de sa vision.

«Nous développons aujourd’hui un service de gestion écoresponsable des matières résiduelles pour le secteur de la construction et de la rénovation, explique Bruno Demers, directeur général d’Architecture sans frontières. D’une part, nous récupérons des biens ayant encore de la valeur de revente et dont les particuliers ou les professionnels veulent se départir, en échange de quoi nous émettons des reçus de charité. D’autre part, nous revendons ces écomatériaux de réemploi pour de nouveaux projets de construction ou de rénovation.»

Si l’offre commerciale d’Eco-Reno s’adressait principalement aux citoyens – autrement dit Monsieur et Madame Tout-le-monde qui fait de la rénovation à la maison – la proposition d’ASF est plus large. Ainsi, les biens récupérés proviennent d’entrepreneurs et d’architectes (ou de leurs clients), mais ASF compte développer d’autres sources d’approvisionnement, soit tout le matériel neuf non utilisé et jeté aux diverses étapes d’un projet de construction ou de rénovation.

«Pensons à tous les surplus de chantier qui se retrouvent directement dans les conteneurs. La quantité est énorme. On veut pouvoir aller récupérer ces matériaux neufs sur les chantiers mais aussi directement chez les détaillants et les manufacturiers.»

Le récent financement de la Ville de Montréal va permettre à ASF de déployer sa proposition, notamment en développant une solution numérique afin de suivre l’inventaire, de faciliter la vente en ligne et de documenter l’impact environnemental associé à ces transactions. Parallèlement, ASF travaille à mobiliser des réseaux d’entrepreneurs, architectes et propriétaires autour de cette solution circulaire, tant pour récupérer ces matériaux inutilisés que pour stimuler l’intégration de ces matériaux dans les pratiques d’architecture et de rénovation. Avec cette approche, l’un des objectifs que vise ASF à moyen terme: doter Montréal, d’ici à 2026, d’un grand centre de réemploi capable de remettre en circulation annuellement quelque 2000 tonnes de matériaux.


Bruno Demers sera notre invité lors de la Conférence Novae – Architecture, le 7 décembre. Détails et inscriptions.

Photo de une: Josh Olalde


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