Alors que l’on fait face à la 6e grande extinction, les initiatives se multiplient pour venir en aide à la biodiversité.

«Nous vivons bel et bien une grande extinction, la sixième qu’a connu la Terre, rappelle Mickaël Carlier, président de Novae, dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. La différence est que le rythme et l’ampleur de celle-ci sont sans précédents. On estime que la perte d’espèces est de 100 à 1000 fois plus élevée que lors des précédentes extinctions.»

La cause principale est évidemment l’Homme: pollution, étalement urbain, sur-exploitation des ressources… Face à l’urgence, des initiatives se mettent en place, à l’instar du dernier budget fédéral dans lequel Ottawa a annoncé une enveloppe de 1,3 milliards$ sur cinq ans pour la biodiversité. «Le gouvernement Trudeau s’est en outre engagé à protéger au moins 17% du territoire canadien d’ici à 2020 ; contre 10,6% actuellement.»

Si les pays doivent s’engager en faveur de la biodiversité, les villes ont également un important rôle à jouer. «Par exemple, Paris vient d’adopter son Plan Biodiversité afin de mieux intégrer cet aspect dans toutes les actions d’urbanisme. On prévoit notamment atteindre 100 hectares de toits et murs végétalisés et planter 20 000 arbres. On compte également augmenter le nombre de bâtiments certifiés BiodiverCity, une nouvelle norme qui encourage l’intégration du vivant dans la construction et les projets urbains.» Paris évaluera d’ailleurs tous les cinq ans l’état de sa biodiversité, grâce à l’indice de Singapour, un cadre dédié à la biodiversité urbaine développé sous l’égide de l’ONU.

 

ville-foret

La ville-forêt actuellement en développement en Chine est la première du genre au monde.

Alors que plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui en ville, il est crucial de réconcilier ville et nature. «En ce sens, la toute première ville-forêt actuellement en construction en Chine est un exemple emblématique. D’ici 2 ans, cette nouvelle ville accueillera 30 000 habitants et… un million de plantes! En effet, tous les édifices seront recouverts de végétation, ce qui favorisera le retour d’espèces – oiseaux, insectes… -, contribuera à tempérer naturellement la ville et même à assurer des barrières acoustiques naturelles.» Ce projet hors du commun est conçu par l’architecte italien Stefano Boeri, à qui l’on doit les fameuses forêts verticales inaugurées à Milan en 2014.

Il faut se rappeler que notre connaissance de la biodiversité est encore très partielle. «On connait environ 1,8 million d’espèces, sur les 1000 milliards estimées sur la Terre. On découvre encore chaque année environ 16000 nouvelles espèces. Ces chiffres doivent nous rappeler une chose: au-delà des espèces symboliques que sont l’ours polaire, le panda géant, et autres éléphants, il est crucial de connaitre et préserver une biodiversité moins connue, plus ordinaire, sur laquelle pèsent également de nombreux risques et dont dépend tout autant notre propre équilibre.»


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Seine musicale, en banlieue de Paris, l'un des premiers projets certifiés "BiodiverCity".

Seine musicale, en banlieue de Paris, l’un des premiers projets certifiés « BiodiverCity ».

 

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