Le projet Sous les pavés invite les Québécois à transformer eux-mêmes des îlots de chaleur en zones végétalisées.

Sous les pavés est un projet qui vise à déminéraliser à la main et de manière participative une douzaine de sites sur l’espace public dans au moins six régions du Québec d’ici 2020. Initié par le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM), Sous les pavés souhaite mobiliser les communautés et les citoyens dans des pratiques d’adaptation aux changements climatiques en remplaçant des surfaces imperméables par des surfaces perméables à l’aide de végétaux.

Lire aussi : Création à Québec d’îlots de fraîcheur… comestibles

« L’idée est de soutenir les communautés à enlever à la main l’asphalte de l’espace public pour créer des espaces collectifs durables. Nous visons des espaces que des gens fréquentent déjà ou qui pourraient être plus fréquentés s’ils étaient plus attrayants, explique Odile Craig, chargée de projet principale de Sous les pavés. Nous voulons permettre à des milliers de citoyens de participer activement aux projets d’aménagements urbains, et à des organisations et des décideurs de concevoir des espaces publics sécuritaires et conviviaux. »

Pour atteindre cet objectif, Sous les pavés est bâti en six phases faisant de lui un projet de démonstration, de promotion, d’éducation et d’engagement communautaire. Selon le CEUM, plus il y aura de citoyens et d’acteurs locaux mobilisés, plus la portée du projet sera décuplée. Cette mobilisation a pour but de répondre à des enjeux urbains tels l’adaptation aux changements climatiques, la gestion durable des eaux de ruissellement, l’embellissement des milieux de vie et la réappropriation de l’espace public.

Lire aussi : Berlin veut devenir une «ville-éponge»

« Nous nous sommes inspirés d’un projet développé en Ontario et en Nouvelle-Écosse qui a eu un impact significatif auprès des communautés », raconte Odile Craig. En effet, le projet Depave Paradise, implanté dans six villes canadiennes, a permis de remplacer plus de 1200 mètres carrés d’asphalte par des végétaux, le tout fait à la main par des citoyens. « La minéralisation des villes a interrompu le cycle naturel de l’eau, et les changements climatiques ont entraîné une augmentation des précipitations. Ce type de projet est une manière de nous adapter à cette nouvelle réalité : on déminéralise les villes tout en sensibilisant le plus de citoyens possibles à ces enjeux. »

La première « intervention » de Sous les pavés aura lieu dans l’arrondissement d’Anjou à Montréal ; le CEUM commencera par offrir de la formation aux citoyens dans les prochaines semaines. « Il s’agit du premier projet francophone de la sorte. Remplacer des machines par des êtres humains pour enlever l’asphalte et planter des végétaux, c’est une image forte qui peut inciter davantage de communautés à s’impliquer! », conclut Odile Craig.

sur le même sujet

  • infolettre

    Envoyée tous les jeudis