S’inspirant des Uber et autres Airbnb, les villes se penchent sérieusement sur l’économie du partage afin de stimuler leur innovation et leur attractivité. 

Si les grandes plateformes d’économie du partage que sont Uber et Airnb font face à de nombreuses critiques – notamment en matière de fiscalité et de droits du travail -, les principes de cette nouvelle forme d’économie continuent néanmoins de susciter beaucoup d’intérêt, souligne Mickaël Carlier dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. Et parmi ces nouveaux adeptes : les municipalités.

«Lorsque déployée par ces entreprises privées, l’économie du partage consiste à utiliser les ressources des citoyens : Uber ne possède pas la moindre voiture, Airbnb ne possède pas le moindre logement. Or, les villes, elles, disposent d’énormément de ressources, potentiellement sous-utilisées. Pensons à leurs parcs automobiles, ou leurs parcs immobiliers. Pourquoi donc ne pas les partager?»

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Mickaël Carlier, président, Novae

C’est ce qu’a amorcé la ville d’Amsterdam qui, dans le cadre d’un projet-pilote, met à la disposition des citoyens et des organisations à vocation sociale certains de ses propres espaces vacants, tels que les salles de réunion. «Une quinzaine d’espaces sont actuellement disponibles. Si le projet est concluant la ville pourrait élargir à une centaine d’espaces! Le tout gratuitement ou à prix modique.»

Pourquoi une ville comme Amsterdam adopte-t-elle une telle approche ? «Toutes le villes, grandes ou petites, font face à des enjeux similaires de cohésion sociale, de dynamisme local, de développement économique – elles doivent toutes attirer de nouvelles familles, de nouvelles entreprises. Bref, comme toute organisation, les villes doivent innover et se renouveler. Amsterdam voit en l’économie du partage un véritable domaine d’innovation

Ainsi, la municipalité y voit une occasion d’utiliser de façon plus durable ses ressources, d’initier de nouvelles collaborations entre les secteurs privé et public, et même de stimuler des initiatives locales et citoyennes.

Et cette initiative n’est pas isolée. Si Amsterdam devenait en février 2015 la première ville européenne à s’engager formellement dans l’économie du partage, développant de nombreux autres projets-pilotes, ce mouvement porté par la Sharing City Alliance gagne d’autres villes, notamment au Japon et en Corée. Un mouvement supporté par le Forum économique mondial et l’OCDE. «On s’apprête à assister à la 2e vague de l’économie du partage : celle soutenue et développée par les villes!»

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

 

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