Serions-nous en train d’assister aux dernières heures de la viande animale dans notre consommation et nos industries?

Alors que 65 milliards d’animaux sont abattus chaque année pour notre alimentation, l’intérêt pour les alternatives n’exploitant plus les animaux est en effet croissant. «Pour preuve, le lancement il y a quelques jours du tout premier fonds d’investissement québécois dédié à ces nouvelles pratiques: la mission de Vegan Capital est précisément de soutenir des entreprises qui proposent une alternative 100% végétale à un produit actuellement lié à l’exploitation animale», indique Mickaël Carlier, président de Novae, à sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada.

Cette prise de conscience touche bien évidemment en premier lieu l’industrie de l’alimentation. «L’intérêt pour le végétarisme et le véganisme n’est pas nouveau: mais d’un marché relativement de niche, on assiste à une forte démocratisation. C’est sans doute ce qui explique l’engouement pour les ‘fausses viandes’ que sont en train d’adopter les géants de l’agro-alimentaire.» En effet, après A&W l’an dernier, c’est au tour de Burger King de se lancer dans les sandwiches à la fausse viande – faite à base de protéines végétales telles que soja, pommes de terre, légumineuses…

whopper

Burger King vient de lancer aux États-Unis une version végan de son célèbre Whopper.

«Toute une industrie active dans la fabrication de ces ‘fausses viandes’ est actuellement en émergence: dans la suite de précurseurs comme Beyond Meat créé aux États-Unis dès 2009, des jeunes entreprises se sont lancées dans ce secteur. Pensons à PigOut, qui propose un bacon végan, ou à Good Catch et son faux thon. D’ailleurs, dans le cas du thon, cette option contribue à la fois à la lutte contre la sur-exploitation des espèces marines, et répond aussi aux préoccupations croissantes quant à la présence de plastique dans la chaine alimentaire marine!»

tuna

Le «faux thon» de l’entreprise américaine Good Catch.

Mais l’industrie alimentaire n’est pas la seule concernée par cette volonté de ne plus «industrialiser» les animaux: les secteurs du design et de la mode sont interpellés aussi, avec l’apparition du «cuir» végétal. «Ici, on en a beaucoup entendu parler avec le lancement, l’an dernier, des premiers sacs en cuir d’ananas par la marque québécoise Rose Buddha. Cette fibre est aujourd’hui utilisée par de grandes marques, comme H&M qui vient de lancer une collection de bottes et vestes faites avec cette matière. Et les alternatives semblent infinies: le célèbre designer Philippe Stark vient de lancer un divan en cuir… de pomme! A voir les grands noms de l’alimentaire et de la mode s’y mettre, l’hypothèse n’est pas si folle: dans quelques années, les animaux auront peut-être disparu de nos grandes industries!»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


cassina

Un divan en «cuir» de pomme conçu par Philippe Stark pour la marque Cassina.

Photo de Une: un burger fait avec de la «fausse viande» de l’entreprise Impossible Food, qui fournit notamment Burger King.

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