Alors qu’il se consomme chaque année au Canada près de 2 milliards de tasses jetables, des solutions simples et efficaces permettent de contrer ce problème.

La consommation de mets et autres cafés «pour emporter» génère une quantité incroyable de déchets, nous rappelle Mickaël Carlier, président de Novae, dans sa chronique Innovation sociale sur les ondes de Radio-Canada. «Or il existe deux solutions simples et extrêmement efficaces. D’abord, consommer son café… sur place! On oublierait presque que c’est possible, mais c’est une véritable bonne option. Néanmoins si on tient absolument à marcher avec notre café à la main, on peut évidemment arriver avec sa tasse réutilisable: on est heureusement de plus en plus nombreux à le faire – d’ailleurs certains établissements offrent une petite réduction sur le prix du café aux clients qui arrivent avec leur propre tasse.»

Entre ces deux options vient d’apparaître une autre possibilité: celle de la consigne, à l’instar de La Tasse, le premier système québécois de dépôt remboursable de gobelets de café, récemment lancé dans le quartier Villeray à Montréal. Ce système permet aux citoyens de se procurer une tasse réutilisable dans l’un des établissements partenaires du projet – une douzaine de cafés et de boulangeries lors du lancement -, en échange d’un dépôt de 5$. «Non seulement une telle démarche contribue à réduire l’empreinte environnementale de chaque client, mais elle participe aussi au dynamisme du quartier: cela bâtit un réseau de commerçants engagés et fidélise une clientèle qui voit ici des commerces locaux innover de façon sensée et pertinente face aux enjeux de l’heure.»

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Lors du lancement de La Tasse, il y a quelques jours dans le quartier Villeray, à Montréal.

On peut facilement imaginer qu’un tel concept puisse être adopté par de nombreuses villes, et être appliqué à toutes sortes de produits jetables. «Imaginez tous ces commerces locaux qui pourraient eux aussi innover à leur échelle, bousculer leurs clients de façon positive. Et pensons à tous ces produits jetables que l’on pourrait ainsi remplacer, comme les repas pour emporter – dans ces terribles emballages en styromousse! – mais aussi les contenants de crèmes glacées, et même les petites cuillers qui viennent avec, ou encore les pailles, etc !»

Il est vrai que tant de produits jetables pourraient ainsi être évités; mais une initiative comme La Tasse doit surtout nous rappeler l’impact de cette consommation « pour emporter ». «Ce mode de consommation n’est tout simplement pas soutenable. Collectivement, nous – consommateurs et commerçants – devons changer et trouver des options plus intelligentes. Et la meilleure demeure encore de consommer sur place. Posons-nous la question: quelle étrange culture nous pousse à acheter « pour emporter »? Pour gagner du temps, vraiment? Et que fait-on d’important de ces minutes si précieuses, de ce temps si chèrement payé en terme écologique? Et si l’option finalement, c’était juste… de ralentir?»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


Photo de Une par Sarah Swinton

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