Nettoyer les océans de leurs déchets de plastique, telle est l’impressionnante tâche à laquelle s’attellent plusieurs projets de plus en plus concrets.

«Rappelez-vous ce jeune Néerlandais, Boyan Slat: en 2012, cet étudiant alors âgé de 19 ans, avait présenté son Ocean Cleanup, destiné à récupérer les déchets plastiques qui souillent nos océans, explique Mickaël Carlier à sa chronique Innovation sociale sur les ondes de Radio-Canada. Le projet avait fait le tour du monde des médias, suscitant autant d’admiration que de scepticisme. Eh bien il amorcera dans les prochaines semaines son premier grand test et s’attaquera au fameux Continent de plastique, dans le Pacifique Nord.»

Rappelons que l’Ocean Cleanup consiste en une immense structure flottante – un «U» d’environ un à deux kilomètres de diamètre (photo ci-dessous) – sous laquelle est installé un écran géant qui retient les déchets poussés par les courants, sans risquer d’emprisonner des poissons comme le ferait un filet. «Après six ans de recherche, de financement et de tests, le projet s’apprête à réaliser la première démonstration de tout le potentiel de nettoyage: on estime que l’on pourra réduire le Continent de plastique de 50% au cours des 5 prochaines années.»

slat

L’idée est aussi dans un second temps de dupliquer le projet en créant d’autres plateformes de type Ocean Cleanup – mais aussi d’inspirer d’autres projets similaires. En ce sens, un autre projet ambitieux, porté par Yvan Bourgnon, fait parler de lui depuis plusieurs mois. «Le navigateur franco-suisse explique que lors d’un de ses tours du monde, le long de la barrière indonésienne, il a navigué pendant 2 mois à travers des déchets, et qu’il devait s’arrêter 10 à 20 fois par jour pour retirer des déchets pris dans son bateau ! C’est ce qui l’a conduit à imaginer le bateau-filtreur, Le Manta [photo de Une].»

Prévu pour 2022, ce voilier de 70 mètres de long, 49 mètres de large, 62 mètres de haut sera le plus grand multicoque au monde. On prévoit que 36 personnes travailleront à bord de ce qu’on présente comme une véritable usine flottante. «Un tapis roulant plongera dans l’eau et attrapera les déchets: tout ce qui est recyclable sera trié et compacté sur place, puis réacheminé vers des filières de revalorisation. Les autres déchets, trop détériorés ou trop altérés par la flore, seront fondus et transformés en carburant utilisé par le bateau – une énergie qui viendra en complément de l’éolien et du solaire qui représenteront 75% des énergies consommées par le bateau.»

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Mr Trash Wheel, à Baltimore

En outre, si le Manta n’est pas encore prêt à naviguer, ce bateau s’apparente à une version «haute mer» de petits bateaux qui, eux, existent déjà dans les ports de certaines villes. «Un tel bateau est utilisé depuis quelques années à Baltimore: il ramasse des tonnes de déchets dans le port de la ville. C’est aussi devenu un formidable outil de sensibilisation puisque ce bateau est doté d’un nom – Mr Trash Wheel – et d’un compte Twitter, grâce auquel on peut suivre son travail au quotidien et constater la quantité de déchets qu’il sort de l’eau!»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


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