Pour Kamik, la revalorisation de la matière plastique sert autant l’innovation technologique que l’attractivité. 

Cela fait quelques décennies déjà que l’écoconception est dans les valeurs de Kamik, cette entreprise familiale québécoise qui fabrique des bottes de pluie et d’hiver depuis trois générations. À l’origine de cette démarche amorcée au début des années 80, la volonté de s’approvisionner localement afin de remplacer le caoutchouc naturel importé d’Europe par des résines synthétiques de fabrication québécoise. Un changement qui à l’époque a permis de concevoir en collaboration avec un fournisseur local, une résine recyclable et réutilisable dans le processus de fabrication des bottes de pluie, ce qui n’était pas possible avec le caoutchouc naturel.

Kamik_recyclage des rejets

Processus de recyclage des rejets chez Kamik

Aujourd’hui, les rejets de résine issus du processus de fabrication, mais aussi les bottes de pluie usagées que récupère la compagnie auprès de sa clientèle, sont transformés en granules, et ainsi intégrés à la résine vierge. Résultat: leur valorisation équivaut à la fabrication de 360000 paires de bottes de pluie noires supplémentaires par an, sur les quelque 3 millions de paires que produit Kamik annuellement.

RITA MANOUK

Rita Manouk

Cette démarche d’économie circulaire s’est depuis étendue à la fabrication des doublures en feutre des bottes d’hiver, qui se composent d’au moins 98% de matières plastiques recyclées. Les bouteilles en plastique d’eau recyclées constituent leur principale matière première: plus de 15 millions de bouteilles de 1,5 litre ont ainsi été revalorisées dans les produits Kamik au cours des cinq dernières années. Les retailles de feutre sont elles aussi valorisées et intégrées, après déchiquetage, dans le procédé de fabrication.

De cette expérience, Rita Manouk, directrice de la planification et des achats retient la difficulté initiale à recycler les rejets de résine sans compromettre la qualité des produits finis. «Notre plus grand obstacle était la diminution des capacités physiques des bottes.» Un problème finalement résolu par l’utilisation d’une nouvelle résine dont la formulation permet en outre de recycler davantage de matières.

Kamik_produit fini avec granules (1)

Des bottes Kamik, dans un bac de granules de plastique récupéré.

Aujourd’hui, l’un des défis est de répondre à la demande croissante des détaillants et des consommateurs qui veulent connaitre la source d’approvisionnement du plastique recyclé. «Cela oblige à savoir si les fournisseurs qui se succèdent dans la chaîne d’approvisionnement sont eux aussi écoresponsables, et là ça devient plus complexe. Nous devons travailler avec nos fournisseurs actuels pour voir s’ils sont capables eux-aussi d’assurer cette traçabilité.» Rita Manouk prône en outre la mise en place de réglementations plus sévères, notamment sur une qualité minimale des matières recyclées, pour davantage stimuler l’économie circulaire. «Cela nous encouragerait à chercher et intégrer davantage de matières recyclées.»

Pour l’heure, Kamik poursuit le développement de nouvelles pratiques d’économie circulaire en collaborant par exemple au programme de Mise en valeur des textiles résiduels du Québec (Mutrec), afin d’identifier des débouchés pour les retailles de tissus qui habillent l’intérieur des bottes Kamik, ou encore la possibilité d’intégrer de la laine post-consommation dans la fabrication des doublures en feutre. Cette pratique basée sur l’utilisation de ces matières premières dites secondaires (issues du recyclage des déchets) contribue d’ailleurs à renforcer à la foi l’image de marque de la compagnie, son rendement, sa compétitivité sur le marché, ainsi que la rétention et l’attractivité de la main d’œuvre. «Notre démarche fait partie de la fierté de nos employés!», souligne Rita Manouk.


Rita Manouk participera au panel «Fabriquer différemment» lors du Forum Novae – Plastique du 24 octobre. Pour consulter le programme et s’inscrire, cliquer ici.


sur le même sujet

  • infolettre

    Envoyée tous les jeudis