À l’instar de Gatineau, organisateurs de festivals et municipalités peuvent réduire leur empreinte plastique.

Les événements publics, comme les festivals, produisent des quantités importantes de matières résiduelles, dont notamment des produits en plastique qui pourraient être détournés de l’élimination. On estime par exemple que de 60 à 90% des matières résiduelles générées pendant les événements ayant eu lieu à Gatineau entre 2013 et 2017 auraient pu être recyclées, valorisées ou compostées.

C’est en outre ce qui a poussé la région à prendre un virage vert. Grâce à un projet cofinancé par RECYC-QUÉBEC et la Ville de Gatineau, l’organisme Enviro Éduc-Action a identifié les conditions permettant à la Ville d’améliorer significativement sa performance en gestion des matières résiduelles dans les festivals.

Par exemple, dans le contrat de financement des festivals, certaines exigences ont été ajoutées et un accompagnement offert pour les soutenir dans leur transition. Cela a permis une diminution de 27% des matières résiduelles destinées à l’élimination générées par les festivals entre 2015 et 2018.

Cela démontre combien les municipalités peuvent avoir une grande influence pour faciliter la transition «verte» des événements. À l’instar de Gatineau, une municipalité peut par exemple :

– bannir le polystyrène (styromousse), s’il n’est pas recyclé,
– exiger la récupération des matières recyclables et compostables,
– demander au promoteur de l’événement une escouade verte pour assurer un meilleur tri de la matière;
– installer les équipements de collecte de matières résiduelles sur le site (ex. : îlots de tri) et organiser la levée après l’événement;
– offrir un service d’accompagnement, incluant par exemple une formation sur les alternatives au plastique à usage unique.

Les concessions alimentaires ont elles aussi leur rôle à jouer. Pour réduire les déchets à la source, on peut arrêter d’offrir des pailles dès lors qu’il est possible de boire directement du contenant. Considérer la possibilité d’utiliser des contenants recyclables et/ou compostables, ou offrir de la vaisselle avec un système de dépôt remboursable deviennent également des options de plus en plus accessibles.

Par exemple, le Festibière (photo de Une) a amorcé un virage vert qui lui a permis en 2016 de détourner 67% des matières résiduelles destinées à l’élimination, par rapport à 32% en 2014.

« L’exemple de Gatineau montre qu’il est plus difficile de trouver des fournisseurs pour de la vaisselle compostable et/ou recyclable et que cela peut parfois s’avérer plus dispendieux, indique Jérôme Cliche, agent de développement industriel chez RECYC-QUÉBEC. À long terme, les bénéfices économiques et environnementaux de la vaisselle durable et réutilisable sont significatifs. En plus, on observe une conscientisation grandissante des citoyens et des organisateurs d’événements pour des pratiques à plus faibles impacts écologiques. »


Jérôme Cliche animera une masterclasse «Passer efficacement du jetable au réutilisable» lors du Forum Novae – Plastique du 24 octobre. Pour consulter le programme et s’inscrire, cliquer ici.


La rédaction de cet article a été financée par RECYC-QUÉBEC.

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