Un quatrième vignoble montréalais vient d’être installé, cette fois sur le toit de l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft.

Après le Palais des Congrès de Montréal, l’ITHQ et le siège social de la SAQ, les vignes urbaines gagnent maintenant le toit de l’éditeur de jeux vidéos Ubisoft. Initié par Vignes en Ville, un projet d’étude du vignoble en milieu urbain soutenu par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine de l’UQAM (AU/Lab), ce quatrième vignoble montréalais est constitué de 40 plants de vignes rustiques de type Frontenac, Marquette et Petite perle, plantés dans des pots géotextiles.

À l’origine de ce nouveau vignoble, une conférence sur les femmes et l’intelligence artificielle organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et commanditée par Ubisoft. «Cet événement m’a inspirée, m’a incitée à innover et à utiliser des outils technologiques au profit de l’agriculture», explique Véronique Lemieux, l’initiatrice de Vignes en Ville, organisme récipiendaire le mois dernier d’un Prix Novae. L’idée de boucler la boucle en associant à ce quatrième vignoble urbain une entreprise innovante en technologie telle qu’Ubisoft devenait ensuite évidente.

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Le quatrième vignoble montréalais récemment inauguré sur le toit d’Ubisoft.

L’ambition est ici d’utiliser des sondes, non seulement dans le vignoble d’Ubisoft mais également sur les trois autres sites,  afin de mieux comprendre les éléments qui peuvent influencer la santé des vignes urbaines. «Nous avons déjà eu l’occasion d’utiliser des sondes auparavant, ce qui nous avait permis de réaliser que sur certaines bâtisses d’au moins 10 étages, ce n’est pas tant le soleil qui a une incidence sur nos vignes, mais plutôt le facteur éolien que nous avions sous-estimé. L’utilisation systématique de sondes va donc nous permettre d’avoir une meilleure lecture des toits Montréalais.»

Le vent, pouvant atteindre 80 km/h en hauteur, oblige à couvrir plus tôt que prévu les vignes pour la saison hivernale. Il assèche également plus rapidement le terreau, ce qui augmente la fréquence des arrosages, habituellement nécessaires seulement lors d’épisodes de canicule.

Si des sondes garnissent d’ores et déjà les vignes d’Ubisoft pour recueillir des données sur les conditions météo, d’autres pourraient servir à vérifier la présence de maladies fongiques ou parasitaires, à identifier les corridors de grands vents à Montréal ou les îlots de chaleur. Des sondes que Vignes en Ville souhaite développer en partenariat avec d’autres universités et des entreprises du secteur privé afin ultimement de localiser et cartographier les espaces à végétaliser dans la ville.

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Le vignoble situé sur le toit du Palais des congrès de Montréal.

A l’instar des premiers vignobles montréalais, le terreau des vignes d’Ubisoft est composé de poudre de verre revalorisée à partir de 1200 bouteilles, ce qui permettra d’évaluer le potentiel du verre à améliorer la croissance des vignes au Québec. La sensibilisation des citadins sur les bienfaits des vignes urbaines reste également prioritaire. Dans cette optique, les employés d’Ubisoft ont l’opportunité de s’approprier ce projet en participant notamment à la plantation de vignes ainsi qu’à de futurs ateliers sur la vinification.

«Vignes en ville n’est pas une démarche anecdotique, on veut que notre projet de vignes se déploie sur les toits et rendent les villes plus résilientes face aux changements climatiques.» L’objectif est en effet de réduire les îlots de chaleur grâce à l’importante couverture végétale de la vigne.

Quant aux vendanges des quatre vignobles montréalais, elles permettront de produire près de 300 bouteilles de vin. De quoi fêter la première cuvée officielle prévue à l’occasion des 100 ans de la SAQ en 2021.


Photo de Une: Cédric Orvoine, vice-président, communication chez Ubisoft, Véronique Lemieux, initiatrice de Vignes en ville, et Marion Ancel, analyste, responsabilité sociétale à la SAQ

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