La phase 2 de la démarche a permis de jeter un éclairage nouveau sur la réalité des acteurs de la sécurité alimentaire à Montréal.

Optimiser le réseau d’approvisionnement alimentaire, pérenniser le financement des organismes communautaires et d’économie sociale et favoriser des actions plus concertées entre toutes les parties prenantes: c’est en quelque sorte la «recette gagnante» qui permettrait aux acteurs de l’écosystème montréalais de la sécurité alimentaire de mieux répondre à la problématique de l’insécurité alimentaire qui touche plus d’un foyer sur 10 dans la métropole.

Ces constats ressortent du Portrait de l’écosystème montréalais de la sécurité alimentaire publié le mois dernier par la Fondation du Grand Montréal (FGM) et Récolte. Ce rapport, dévoilé lors du récent forum du Conseil du Système alimentaire montréalais (C-SAM), présente les résultats de la phase 2 de la démarche Faim «Zéro» à Montréal.

La deuxième phase de ce projet d’envergure porté par la FGM a consisté en une étude caractérisant l’écosystème de la sécurité alimentaire: qui en sont les acteurs, quelles fonctions jouent-ils, quels freins et leviers rencontrent-ils dans leurs activités de lutte contre l’insécurité alimentaire? Pour répondre à ces questions, l’équipe de recherche a consulté – par un sondage, des séances collectives (focus groups) et des entrevues – des représentants de 96 organisations œuvrant de près ou de loin à améliorer la sécurité alimentaire des Montréalais.

Les trois principaux constats issus de l’étude ne sont peut-être pas surprenants, mais ils mettent en lumière la réalité vécue par de nombreuses organisations, ainsi que par des entreprises privées et des bailleurs de fonds qui jouent un rôle de soutien dans l’écosystème. Par exemple, les résultats du sondage révèlent que 57% des organisations ayant des activités d’entreposage alimentaire connaissent un manque de capacité. En d’autres mots, de nombreuses organisations n’ont pas les infrastructures nécessaires (des congélateurs de taille suffisante par exemple) pour accomplir efficacement leur mission de récupération alimentaire, alors que les détaillants désirant faire des dons alimentaires peuvent aussi manquer d’espace pour stocker les produits retirés des tablettes.

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Par ailleurs, plusieurs organisations aimeraient s’approvisionner en aliments produits sur l’île de Montréal, mais le manque d’espace en milieu urbain et les coûts de production élevés s’avèrent des barrières importantes. En outre, plus de deux organisations sur trois (68%) ont affirmé que le manque de financement stable constitue un obstacle important pour elles, et plus de la moitié (51%) ont également cité la gestion et la rétention des ressources humaines comme frein à leurs activités.

Ces exemples et de nombreuses autres informations tirées du rapport et des cartographies conceptuelles qu’il contient ont été présentées à une nouvelle occasion aux représentants du milieu dans le cadre d’une séance de validation organisée le 19 juin. Lors de cette séance, les représentants d’organisations présents ont pu compléter, clarifier, remettre en question les données, en plus d’affiner les constats présentés. «Le portrait vient confirmer qu’il faut renforcer l’intervention des organisations qui agissent déjà sur le terrain», dit Manuel Cisneros de la Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain. Le processus est en effet en constante évolution et la publication du Portrait n’en marque pas la fin.

Appelé à se prononcer sur la suite à donner à une telle appropriation des résultats, un participant a souligné l’importance de prendre du recul. «C’est une description exhaustive de la réalité complexe de l’écosystème de la sécurité alimentaire. Ça va nous prendre du temps pour digérer toutes ces informations dans chacune de nos organisations, mais c’est important de le faire», a indiqué Sébastien Desaulniers, responsable de l’engagement collectif pour l’Est du Canada au Club des petits déjeuners.

«L’objectif ultime de la démarche Faim “Zéro”, c’est de mettre en œuvre des actions concrètes pour améliorer la sécurité alimentaire, affirme Laura Howard, directrice du développement d’affaires chez Récolte. Mais avant de transformer un système, il faut d’abord bien le comprendre. Je pense que la phase 2 de la démarche s’inscrit très bien dans cette logique.»


La rédaction de cet article a été financée par la Fondation du Grand Montréal.

Crédit photos : Simon Vinh

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