Après sa première phase pilote, le Défi Zéro Déchet de Rosemont mobilisera 100 foyers dès cet automne.

L’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie, à Montréal, lançait l’automne dernier un défi à sa population: le Défi Zéro Déchet invitait 50 foyers sélectionnés à changer leurs habitudes pour réduire leurs déchets à la source, que ce soit en réduisant le gaspillage alimentaire ou en privilégiant l’achat en vrac. «Ce projet s’inspire directement de la ville de Roubaix, en France, qui a développé un programme d’accompagnement auprès d’une centaine de familles pendant deux années», indique François Croteau, le maire de l’arrondissement. Le Défi, récemment récompensé par un Prix Novae, a été mené quant à lui pendant 8 mois dans le cadre d’une première phase pilote qui vient de s’achever.

Le profil des foyers sélectionnés étaient diversifiés, tant dans leur composition que dans leurs habitudes de vie – célibataires, couples ou familles de toutes générations, débutants ou initiés à la réduction des déchets. Il était donc important, selon François Croteau, de permettre à chacun de déterminer son propre objectif de réduction des déchets, selon son rythme et ses priorités. Les participants devaient néanmoins tenter de viser cinq règles de base: refuser le superflu, réduire la consommation, réutiliser ou réparer les produits, et à défaut recycler et composter les déchets.

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Dans cette démarche, trois expertes accompagnaient tout au long du projet les 50 foyers pour les outiller et les aider dans leur transition vers le zéro déchet. «Il existe autant de solutions que de personnes puisque nous n’avons pas tous les mêmes habitudes. L’idée était donc de proposer aux participants des pistes de solutions pour leur permettre de les adapter à leur réalité», indique Laure Caillot, l’une de ces expertes et autrice du blogue Lauraki dédié à un mode de vie tendant vers le zéro déchet.

Parallèlement, une page Facebook privée et des ateliers offraient un cadre d’échanges et de partage d’idées. Un atelier sur le gaspillage alimentaire était par exemple l’occasion pour les participants d’apprendre à valoriser certains déchets organiques, telles les pelures de pomme de terre transformées en croustilles en quelques minutes.

«Ce défi a permis à de nombreuses familles de réaliser à quel point la réduction des déchets à la source touche plusieurs sphères de leur quotidien et de leur consommation», relève Laure Caillot. Il a conduit des participants sans aucune expérience initiale à se questionner sur leur mode de vie et la manière dont ils consomment. «Plusieurs estiment avoir eu le temps, en 8 mois, d’acquérir de bonnes bases qui leur permettront de continuer à intégrer ces saines habitudes

Le défi a également incité d’autres participants plus expérimentés à aller plus loin dans leur démarche en cherchant notamment à réduire davantage leur volume de matière recyclée et compostée.

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Un sac à l’effigie du Défi confectionné par Les Petites Mains, un organisme qui emploie des femmes immigrantes dans le cadre d’un programme d’insertion socioprofessionnelle.

La phase pilote maintenant terminée, une analyse des données recueillies auprès des familles permettra d’identifier les incitatifs et les obstacles que rencontrent les citoyens dans leur démarche de transition vers le zéro déchet. Elle apportera d’éventuels ajustements au Défi Zéro Déchet qui sera renouvelé dès l’automne prochain et mobilisera cette fois 100 foyers.


Photo de Une : Laure Caillot, consultante zéro déchet, en compagnie de la plus jeune participante et de la doyenne du groupe.

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