Et si pour améliorer le monde à notre échelle, nous commencions par rechercher notre propre bonheur?

Pour sa dernière chronique de la saison à Radio-Canada, Mickaël Carlier, président de Novae, nous invite à une réflexion: la meilleure innovation sociale, ce serait… nous-même. «Faire de l’innovation sociale – autrement dit, changer le monde – nécessite de l’empathie, de l’altruisme, certainement de l’ambition collective, voire une dose d’utopie. Or, la meilleure façon de contribuer à ce que le monde aille bien, c’est déjà d’aller bien soi-même. Puisqu’il est difficile d’aider les autres quand on est malheureux ou en détresse, améliorer le monde à notre échelle commence par notre propre bonheur.»

Mais comment identifier ce bonheur? «Je propose cette piste. Le bonheur réside souvent dans une seule question: ‘qu’est-ce que je veux?’» Si cette question parait simple, il n’est cependant pas aisé d’y répondre. «Trouver une réponse est d’autant plus nécessaire dès lors qu’on observe notre société: l’humanité, de plus en plus puissante et dominatrice, pour ne pas dire de plus en plus destructrice, fait poindre l’hypothèse que notre société, elle, ne sait pas ce qu’elle veut. Cette méconnaissance est certainement à la source de l’égarement auquel nous assistons aujourd’hui. Et c’est pourquoi on se précipite sur tout et n’importe quoi, en premier lieu sur cette production et cette consommation boulimiques.»

«Le bonheur réside souvent
dans une seule question: ‘qu’est-ce que je veux?’
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Pour engendrer un bonheur collectif, il est donc nécessaire de conduire chacun de nous à un bonheur individuel. «Une autre façon de trouver une réponse à notre question est de la formuler autrement: ‘qu’est-ce que je voulais lorsque j’étais enfant?’ Nos rêves d’enfant ne nous mentent pas… Cela nous permet de nous questionner sur la vie que l’on rêvait de mener, le métier qu’on voulait exercer, l’endroit où on se voyait vivre… Bref, êtes-vous aujourd’hui là où vous rêviez d’être lorsque vous étiez enfant?»

Lorsque l’on trouve des réponses, il faut ensuite oser – oser les entendre, les accepter, et idéalement les suivre. «Il faut accepter de ‘déconstruire’ les scripts et schémas que nous avions bâtis pour nos vies, oser se regarder autrement, et aussi oser bousculer le regard que les autres posent sur nous – quitte à décevoir certaines de leurs attentes à notre sujet.»

«Plus on tend au bonheur individuel – et altruiste -,
plus on contribue à bâtir une société elle-même heureuse,
donc innovante et bienveillante.
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Si bien que, plus on ose, plus on s’inscrit dans une forme d’innovation sociale. «Plus on tend au bonheur individuel – et altruiste -, plus on contribue à bâtir une société elle-même heureuse, donc innovante et bienveillante. C’est de l’innovation sociale, ça!» Et à force de développer cette aptitude au bonheur, chacun peut devenir une source d’inspiration pour son entourage. «On réalise combien on peut contribuer à changer positivement l’imaginaire des gens, étendre leur champs des possibles. S’approprier cette responsabilité, ce rôle à son échelle, c’est non seulement faire de l’innovation sociale, c’est assurément une belle façon de donner du sens à sa propre vie!»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


Photo de Une: Bryan Minear

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