Sacs de plastique, livraison des médicaments, efficacité énergétique…: les pharmacies ont diverses occasions de «verdir» leurs activités.

Écoresponsabiliser les pratiques des pharmacies, voilà l’un des objectifs de Maillon Vert, entreprise spécialisée depuis sa création en 2012 dans l’accompagnement en développement durable. Huit ans d’expérience dans 150 officines au Québec ont permis à Marc-André Mailhot, pharmacien et fondateur de Maillon Vert, de constater les impacts environnementaux générés par les pratiques commerciales des pharmacies, qu’il s’agisse des emballages en plastique ou des émissions de GES associées aux livraisons à la clientèle. «Aujourd’hui, le lien entre la santé et l’environnement est indiscutable, relève-t-il. Il est donc encore plus important pour une entreprise dans le domaine de la santé d’agir sur ses impacts environnementaux.»

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Marc-André Mailhot

Pour ce faire, Maillon Vert propose un programme «Pharmacie écoresponsable», qui aide les pharmaciens, indépendants ou sous bannière, à adopter des pratiques plus vertes notamment dans la gestion des matières résiduelles et l’approvisionnement. L’objectif est de leur permettre de poursuivre leur mission de santé et de bien-être auprès de la population tout en les aidant à créer de la valeur pour la société et à améliorer leur performance économique en transformant les manques à gagner en opportunités d’affaires. Installer un toit vert, supprimer les sacs en plastique, s’éclairer avec des ampoules DEL ou opter pour un véhicule électrique de livraison, sont autant d’options permettant à une pharmacie d’engendrer des économies et d’améliorer sa réputation auprès de sa communauté.

En complément, Maillon Vert lançait l’an passé en partenariat avec l’organisme de compensation carbone Planétair, la première certification «Pharmacie carboneutre», récemment récompensée par un Prix Novae 2019. «C’est une démarche simple et appropriée pour les petites entreprises qui veulent compenser leurs émissions de gaz à effet de serre pour créer un impact réel.» Cette certification permet en effet aux pharmacies de compenser leurs émissions de GES par l’achat de crédits carbone proportionnellement à la quantité de GES qu’elles émettent. Cette quantité est établie selon un inventaire des GES émis dans six domaines, tel que le transport des employés et la consommation énergétique. Ultimement, ces crédits financent des projets de réduction des GES sélectionnés par Planétair, à l’instar d’un projet éolien à Taiwan destiné à réduire l’utilisation du charbon.

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«Il y a une véritable synergie entre la démarche Pharmacie écoresponsable et la certification Pharmacie carboneutre», souligne Marc-André Mailhot. La certification carboneutre peut en effet inciter une pharmacie à complémenter son action sociale et environnementale à travers un programme plus global d’écoresponsabilité. À l’inverse, depuis son lancement, la certification a attiré cinq pharmacies qui s’étaient d’abord engagées dans le programme écoresponsable. «La certification carboneutre leur permet de compenser les GES résiduels qui n’ont pas pu être réduits autrement; c’est là le principe même des crédits compensatoires.»

Aujourd’hui, Marc-André Mailhot constate que de plus en plus de pharmaciens souhaitent verdir leurs pratiques. «Nous assistons depuis 18 mois à un momentum; les pharmacies viennent dorénavant vers nous à la fois pour les valeurs sociales et environnementales de notre démarche, mais aussi pour trouver des opportunités d’affaires.» Maillon Vert accompagne aujourd’hui près de 80 pharmacies dans le programme d’écoresponsabilité. L’objectif est de franchir cette année le cap de cent pharmacies, dont une dizaine devraient également adhérer à la certification Pharmacie carboneutre.


Photo de Une: La pharmacie Proxim Christine Murphy, à Eastman, est devenue en 2018 la première au Québec à être certifiée carboneutre.

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