Voici les neuf principaux obstacles qui se dressent en travers des organisations qui implantent des innovations sociales.

Diane Bérard, chroniqueure au journal Les Affaires, explore les défis qu’ont exprimé les organisations ayant participé aux  Prix Novae 2019 dans leurs dossiers de mises en candidatures. Ce texte provient de lesaffaires.com.


J’ai parcouru tous les formulaires soumis pour ce concours, en m’attardant à la section des objections. Ce billet résume quelques-uns des principaux obstacles qui se dressent en travers des organisations, les PME aussi bien que les grandes entreprises, qui développent et implantent des innovations sociales.

Débutons pour une mise au point: les innovations sociales sont des innovations. Elles présentent les mêmes enjeux que toute forme d’innovation: financement de la nouveauté, résistance au changement, formation, changement d’habitudes, etc. Je ne traiterai donc pas de ces obstacles génériques ici.

Voyons plutôt les défis particuliers que rencontrent les promoteurs d’innovations sociales.

1-L’exemplarité

Lorsqu’on propose une solution à un enjeu social ou environnemental, on est rarement évalué uniquement sur celle-ci. Le regard des parties prenantes, et de la société en général, se porte forcément sur le reste de l’organisation et ses pratiques. On attend toujours plus de cohérence de la part d’une organisation qui déclare des valeurs sociétales fortes, que d’une autre qui se limite à afficher de bons sentiments génériques sur son site.

2-Le respect des limites des usagers

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Diane Bérard

Toute innovation exige un changement d’habitude. Celui-ci est parfois marginal, parfois important. L’innovation sociale pousse ce changement plus loin. Elle exige souvent un changement de comportement, parfois de mode de vie, de la part de l’utilisateur. Les promoteurs des innovations sociales doivent respecter les limites des usagers. Et composer avec une période de transition parfois plus longue que prévu. Plusieurs innovations sociales reposent en partie sur une solution technologique. Dans ces situations, il faut ajouter les résistances associées à un virage numérique à celles relatives à un changement de comportement.

3-La gestion du risque

Prenons deux secteurs, celui de la finance et celui de l’environnement. Comme toute innovation, l’innovation sociale requiert du financement. Toutefois, les produits traditionnels ne répondent pas nécessairement au besoin. Ils manquent parfois de flexibilité. Il faut en développer de nouveaux. Ceci dans un secteur plutôt conservateur, où la gestion du risque laisse peu de place à l’expérimentation. Ainsi, les acteurs de la finance qui développent de nouveaux outils financiers doivent s’armer de patience.

Parlons maintenant du secteur environnemental, des matériaux de construction, par exemple. Alors que l’on prône de plus en plus la circularité, on voit paraître de nouveaux matériaux composés, en partie ou en totalité, de matières recyclées. Les donneurs d’ordre hésitent à les employer, pour des raisons de sécurité. On préfère recourir à des matériaux éprouvés. Il devient difficile pour le promoteur de bâtir un historique d’utilisation de son nouveau matériau. Le défi consiste à protéger le citoyen tout en encourageant l’innovation environnementale.

4-Le blanchiment

«Bien que l’industrie des emballages verts soit en plein essor, son offre est toujours limitée. Lorsqu’on souhaite commercialiser un nouveau produit, une étape supplémentaire s’ajoute au processus: celle de trouver un fournisseur. Le choix de l’emballage vient très souvent avec un coût initial important, ce qui représente un défi important. L’équipe doit aussi toujours être à l’affût de toute information trompeuse; bien que ce problème ne soit pas répandu, il touche tout de même certains fournisseurs. Nous avons été confrontés à ce problème à plusieurs reprises, surtout dans nos débuts.» Rappelons le premier défi cité, l’exemplarité. Une organisation qui développe et implante une innovation sociale sera scrutée de plus près. En plus veiller sur sa cohérence, elle doit prendre garde à ses fournisseurs.


Pour lire la suite de l’article de Diane Bérard et découvrir les autres obstacles identifiés, cliquer ici.


Photo de Une: Edu Lauton

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