Dans le sillage des groupes environnementaux, de plus en plus de citoyens se «révoltent» contre l’omniprésence du plastique.

La pollution par le plastique prend chaque jour de nouvelles proportions. En témoignent les images saisissantes de cette baleine échouée le 16 mars sur une plage aux Philippines et dont on a extirpé plus de 40 kg de déchets de plastique qu’elle avait ingérés. «Ce nouveau ‘scandale’ lié à l’omniprésence du plastique nous rappelle que ce que l’on a retrouvé dans l’estomac de cette baleine correspond à ce qu’il y a dans les écosystèmes, dans les océans – et aussi dans nos assiettes», souligne Mickaël Carlier à sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada.

Alors que l’urgence de modifier les pratiques est toujours plus criante, la pression vient depuis longtemps des ONG: par exemple, Greenpeace a mené l’automne dernier une vaste opération internationale de collecte et identification des déchets de plastique le long des côtes et rivières. Au Canada, les marques les plus présentes dans cette pollution sont Nestlé, Tim Hortons, PepsiCo., Coca-Cola et McDonald’s. «Par cette initiative, ces marques sont directement associées aux déchets, à la pollution.»

plastic-greenpeace

Et si des pétitions telles que celle lancée en janvier afin d’inciter les détaillants à réduire leur utilisation du plastique suscite un fort intérêt – plus de 140 000 signatures en quelques semaines -, on assiste aussi à une appropriation de cet enjeu par les citoyens eux-mêmes. «Pensons au Trash Challenge, lancé par un internaute le 5 mars, qui nous invite à nettoyer un lieu et à prendre deux photos, l’une avant, l’autre après. Ou encore au ‘plogging’, cette initiative venue de Suède qui consiste à faire son jogging tout en ramassant des déchets: cela indique l’on veut agir! D’ennemi des groupes de pression, le plastique est en train de devenir aussi l’ennemi des citoyens. Nous assistons à un changement de culture.»

byron2

Le « trash challenge », ou comment les citoyens se mobilisent contre la pollution par le plastique.

La pression viendra donc de plus en plus des citoyens, comme en témoignent les Plastik Attaks, ces opérations au cours desquelles des citoyens «désemballent» les produits qu’ils viennent d’acheter dans une épicerie. «Le message est: diminuons ces emballages de plastique et, entreprises, diminuez-les vous aussi. Pour les entreprises visées, il ne s’agit pas de juste faire de la gestion de crise depuis le siège social: l’opération se situant devant leur magasin, cela a un impact direct sur leurs clients.»

D’ailleurs, bon nombre d’entreprises sentent le vent tourner et ont dores et déjà fait certaines annonces au cours des derniers mois, que ce soit les A&W et autres Starbucks qui réduisent ou éliminent les pailles en plastique. «Le changement de culture est en cours et les entreprises – manufacturiers et détaillants – saisissent la nécessité, tant environnementale que commerciale, de réduire leur utilisation du plastique. A chacun de nous de les encourager dans cette voie, en refusant sacs, pailles et autres gobelets jetables.»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

 

sur le même sujet

  • infolettre

    Envoyée tous les jeudis