Avec sa démarche Faim «Zéro» à Montréal, la Fondation du Grand Montréal mobilise les acteurs communautaires, institutionnels, philanthropiques et privés autour de l’insécurité alimentaire.

L’insécurité alimentaire dans de la région montréalaise est l’une des plus élevées au Canada, relevait la Fondation du Grand Montréal (FGM) dans son rapport Signes vitaux des enfants du Grand Montréal publié en 2017. Ce rapport montrait en effet que l’insécurité alimentaire touche 11% des ménages, comparativement à une moyenne canadienne de 8%, et qu’elle affecte en particulier un enfant sur six. Par ricochet, cet enjeu augmente de manière significative les risques de maladies physiques et mentales et réduit d’au moins de moitié les chances de réussite scolaire. Pour Yvan Gauthier, président-directeur général de la FGM, le constat est clair : «Notre communauté a sous-estimé le problème de l’insécurité alimentaire; il est maintenant important d’avoir une meilleure compréhension du problème pour développer une stratégie capable d’agir contre la faim dans la région du Grand Montréal.»

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Yvan Gauthier

Pour ce faire, la FGM a lancé l’an dernier Faim «Zéro» à Montréal, une démarche collaborative qui réunit les acteurs-clés des fondations philanthropiques, des organismes communautaires et des agences gouvernementales, tels que la Fondation Chagnon, la Direction de la santé publique, les banques alimentaires ou Centraide du Grand Montréal. «L’originalité de la démarche est d’être inclusive, précise Yvan Gauthier. Elle considère toutes les parties prenantes agissant à différents niveaux pour une meilleure alimentation, que ce soit à travers l’autonomie alimentaire, l’alimentation saine ou la lutte contre la faim.»

La démarche Faim «Zéro» à Montréal, qui se déploie en trois phases, a permis dans un premier temps de mesurer l’état des connaissances actuelles dans un métaportrait rendu public en octobre 2018 et qui inventorie toutes les études réalisées dans la région montréalaise sur cet enjeu depuis 2006. Ce métaportrait a été réalisé par l’organisme Récolte, qui est chargé de mettre en œuvre la seconde phase de la démarche. Cette phase, actuellement en cours, a pour objectif de dresser la cartographie conceptuelle de l’écosystème de la sécurité alimentaire à Montréal. Concrètement, elle vise à mobiliser les parties prenantes du milieu et à profiter de l’intelligence collective afin d’identifier acteurs, leurs fonctions, leurs relations, leurs relations, les leviers existants et les difficultés qu’ils rencontrent.

Éliane Brisebois

Éliane Brisebois

«Nous avons mené pour cela 8 séances collectives, animées par Récolte, avec différents acteurs de l’écosystème, explique Éliane Brisebois, consultante à la coordination des projets de sécurité alimentaire pour la FGM. Ces séances, ou en d’autres mots ‘groupes focus’, sont bâties autour des fonctions  du système alimentaire, comme la production et la distribution aux individus, et de fonctions ‘auxiliaires’, comme le soutien financier et la coordination.» Enfin, des entrevues avec des acteurs privés du secteur agro-alimentaire et un sondage en ligne apportent de l’information supplémentaire, tout comme un partage de données avec l’équipe du projet Justice et durabilité alimentaire du Collège Dawson.

L’objectif est de présenter une première version de cette cartographie conceptuelle en mai prochain. «Elle doit servir à la communauté pour faire évoluer la connaissance et l’analyse, souligne Yvan Gauthier. Elle permettra d’entamer [dans une troisième phase] les discussions pour améliorer notre réponse collective au problème de l’insécurité alimentaire et amener des investisseurs philanthropes, gouvernementaux et privés à soutenir des projets qui vont permettre de réduire le taux d’insécurité alimentaire à Montréal.»

Sc-Laura Howard

Huit séances collectives animées par Récolte ont été organisées dans le cadre de la deuxième phase Faim « Zéro » à Montréal.


La rédaction de cet article a été financée par le Fondation du Grand Montréal.

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