Un nouveau service d’accompagnement vise à aider les coopératives – et les futurs entrepreneurs collectifs – à devenir de véritables leviers de développement durable.

Que ce soit pour la création de bibliothèques d’outils ou d’épiceries à tendance zéro déchet, la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ) oriente depuis plus de 30 ans les promoteurs de projets collectifs. Elle offre à cette fin un service d’accompagnement aux coopératives québécoises, nouvelles ou existantes, tant dans les premières étapes de démarrage qu’en soutien à leurs développements.

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Édith Tessier Roy

Cet accompagnement se déploie au besoin à travers une série d’approches porteuses pour les coopératives, dont la plus récente est la filière développement durable et ressources naturelles. Pour Édith Tessier Roy, conseillère en développement coopératif à la CDRQ, l’intégration du développement durable dans l’expertise de la CDRQ allait de soi, en raison de ses liens étroits avec l’entreprenariat collectif. «Les coopératives ont des valeurs, un mode de gouvernance, une structure juridique et un ancrage local qui favorisent l’adoption d’une vision complète du développement durable dans leur modèle d’affaires», indique-t-elle. Réciproquement, le développement durable offre «un grand potentiel de développement pour les coopératives

Les domaines dans lesquels la CDRQ encourage les projets collectifs en développement durable relèvent principalement de l’énergie et de la gestion des matières résiduelles. Ils visent aussi l’économie circulaire dont l’une des stratégies, l’économie de partage sous forme d’une mise en commun d’outils ou de services «fait partie de l’ADN des coopératives.» La valorisation des ressources en fin de vie, la gestion de surplus alimentaire, la consommation saine et responsable, la réparation ou autre réduction des déchets sont également des projets d’économie circulaire parfaitement adaptés aux coopératives, notamment à travers les symbioses industrielles. Outre ces secteurs, la CDRQ demeure ouverte à d’autres domaines émergents, tels que la mobilité durable, à l’image de la coopérative Eva avec sa plateforme de mobilité urbaine.

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Evan Murray

Si le modèle coopératif n’a rien de nouveau au Québec, Evan Murray, directeur régional et co-responsable de la filière Développement durable et Ressources naturelles à la CDRQ, note l’apparition d’«une nouvelle vague de coopératives marquée par une volonté de faire partie d’une société qui se développe autrement. Le modèle coopératif répond aux besoins des membres selon leurs aspirations et leurs visions, il appartient à ceux qui l’utilisent.» Il permet par exemple de s’approprier un projet à titre de citoyen, à l’instar de Celsius qui vise l’implantation d’un réseau de chaleur géothermique dans trois ruelles à Montréal.

Pour outiller les promoteurs de projets collectifs, la CDRQ offre régulièrement un webinaire qui permet aux participants de se renseigner sur l’adéquation de leur projet au modèle coopératif. Ils sont ensuite invités à approfondir la faisabilité et le développement de leur projet avec l’aide d’un conseiller dans l’un des 13 bureaux régionaux de la CDRQ.

La CDRQ intègre un vaste réseau coopératif qui favorise le partage des bonnes pratiques. Ce réseau inclut d’ailleurs le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) et la Direction de l’entrepreneuriat collectif du Ministère de l’économie et de l’innovation qui ont mandaté la CDRQ dans son rôle d’accompagnement des coopératives, faisant d’elle «la porte d’entrée du mouvement coopératif québécois.»


La publication de cet article a été financée par la Coopérative de développement régional du Québec.

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