Quand l’écoconception permet aux entreprises d’aborder les nouveaux marchés du XXIè siècle.

Approche émergente des années 90, l’écoconception attire aujourd’hui de plus en plus d’entreprises désireuses de réduire leur empreinte environnementale. Son principe vise à intégrer des critères environnementaux dès la conception d’un emballage ou d’un produit, pour améliorer sa performance environnementale à travers tout son cycle de vie, du choix des matières premières à sa prise en charge en fin de vie, pour ultimement éviter qu’il n’aboutisse dans les sites d’enfouissement. L’écoconception est une composante de l’économie circulaire dont le but est d’optimiser l’usage des ressources – par exemple en les recyclant et en évitant de les gaspiller. L’écoconception se décline également dans la vente de services – ou d’usage de produits -, à l’image d’un service clef-en-main de location de couches lavables.

Geneviève Dionne

L’écoconception permet de «remettre en question la pertinence [économique, sociale et environnementale] d’un produit, emballage ou service existant par rapport aux besoins des consommateurs», précise Geneviève Dionne, directrice, écoconception et économie circulaire chez Éco Entreprises Québec (ÉEQ). Qu’íl s’agisse de réduire le suremballage, de favoriser la recyclabilité d’un produit ou d’en augmenter sa durée de vie, cette démarche engendre des gains économiques pour l’entreprise, notamment grâce à une réduction des coûts de production ou de gestion de fin de vie d’un produit. Son impact positif sur l’environnement renforce par ailleurs le positionnement d’une entreprise, tout en satisfaisant les attentes des consommateurs de plus en plus exigeants en la matière.

Dans un contexte où les stratégies politiques commencent à encourager l’économie circulaire et la réduction des déchets plastiques, Geneviève Dionne constate que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans le mouvement de l’écoconception, à l’instar des Agropur, Aldo, Cascades, Keurig et autres Métro. Mais «il est encore nécessaire d’établir une meilleure compréhension de ce concept» auprès des entreprises et des citoyens pour éviter les «fausses bonnes idées» – pensons aux sacs oxobiodégradables, dont les additifs favorisant l’auto-dégradation contaminent les autres plastiques des bacs de recyclage.

Au Québec, ÉEQ et l’Institut de développement de produit (IDP) encadrent en ce sens les entreprises via des outils et des programmes de formation et d’accompagnement. De plus, depuis l’automne dernier, le Conseil des industries durables (CID) propose, en collaboration avec Recyc-Québec et ÉEQ, deux attestations écoresponsables – emballage ou produit écoconçu. «Ces attestations balisent le comportement des entreprises dans leur démarche d’écoconception et récompensent leurs efforts d’amélioration continue, explique Pierre Fillion, président du CID. Écocert, dont la crédibilité élimine toute possibilité de greenwashing ou d’auto-déclaration, est en charge de ces attestations.» Les produits/emballages de huit entreprises sont d’ores et déjà attestés écoconçus, notamment pour leur recyclabilité; parmi eux,  les capsules de café K-Cup® recyclables de Keurig, les fioles de médicaments Écolovial d’Écolopharm et la gamme de résine d’ingénierie recyclée rPET de Lavergne.

Selon Pierre Fillion, à l’heure où le modèle actuel d’économie linéaire du «produire, consommer, jeter» montre clairement ses limites, l’écoconception est devenue «le passage obligé des entreprises qui veulent assurer leur pérennité.» Il faut pour cela mieux encadrer les organisations, rappelle Geneviève Dionne, à travers des politiques et des règlements qui promeuvent l’écoconception «de manière affirmée», et qui se fondent sur l’expérience des parties prenantes sur le terrain, tels ÉEQ, Recyc-Québec, les entreprises, les centres de tri ou les recycleurs.


Photo de Une: Proposition étudiante d’un sac de croustilles qui serait réutilisable par la possibilité de séparer les différents matériaux. Ce projet a reçu le Grand prix du concours Packplay d’Éco Entreprises Québec.


La rédaction de cet article a été financée par Keurig Canada.

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