Ecofixe a développé un procédé biologique de traitement des eaux usées qui optimise les installations existantes des municipalités et des industries.

Cette entreprise fondée en 2009 vise ainsi à augmenter la qualité de l’eau ce qui, ultimement, contribue à améliorer la santé et l’environnement. Entrevue avec Marisol Labrecque, présidente de cette PME lavalloise sélectionnée au concours Mouvement 2019.

Vous vous attaquez au traitement des eaux usées: quel est précisément l’enjeu dans ce domaine?

Selon des données des Nations Unies, 80% des eaux usées générées sur la planète proviennent des activités humaines – c’est un problème important, notamment en Amérique du Nord. Par exemple, un étang aéré – c’est-à-dire une succession de bassins dans lesquels les eaux usées séjournent pour une certaine période pendant laquelle l’aération des eaux et l’activité biologique qui s’y développe permettent entre autres de dégrader la charge organique – est responsable d’environ 30% des émissions des gaz à effet de serre d’une municipalité. Le secteur lié aux installations de traitement des eaux usées représente d’ailleurs le deuxième poste en importance des émissions des GES au Canada, après le secteur du transport. Il faut également noter que nos installations sont vieillissantes: non pas qu’elles fonctionnent moins bien, mais elles ont atteint leur pleine capacité de traitement. La question est alors de savoir comment optimiser ces installations pour leur donner une seconde vie plutôt que d’agrandir les infrastructures ou en construire des nouvelles.

Quelle est votre solution ?

Marisol Labrecque

Marisol Labrecque

Ecofixe propose un système modulaire écoconçu et écoénergétique qui augmente la capacité de traitement biologique des eaux usées grâce au maintien d’une grande quantité de biomasse. En pratique, la technologie développée permet de débloquer une biomasse contenue à l’intérieur de ces modules, ce qui permet d’accélérer le traitement des eaux usées qui, à l’issue du processus, retournent dans l’environnement. Son principal avantage est de pouvoir être intégrée directement dans des installations déjà existantes pour leur donner une seconde vie.
Ce système s’adapte à tous les types d’installation de traitement biologique, comme les étangs aérés que l’on retrouve dans 75% des municipalités canadiennes. La mise en place de ce système de modules est par ailleurs simple et rapide puisqu’elle peut se faire à partir des berges d’un étang, et qu’elle ne nécessite aucune infrastructure supplémentaire.
Notre solution s’adapte aux besoins des municipalités qui doivent respecter des normes environnementales plus strictes et dont les installations ont atteint leur pleine capacité en raison de l’augmentation de la population et de l’arrivée de nouvelles industries. Elle offre également un second souffle aux installations de traitement des eaux des entreprises qui veulent augmenter leur production, qu’elles soient dans les secteurs agroalimentaire, minier, de la papeterie ou de la gestion des déchets.

ecofixe

Quel est le principal défi d’affaires que vous devez actuellement relever ?

Nous sommes confrontés à la réalité québécoise de pénurie de main-d’œuvre. Nous souhaitons élargir notre équipe pour étendre nos activités, au Canada ainsi qu’en Nouvelle-Angleterre et dans le Midwest américain, mais nous éprouvons de la difficulté à embaucher et cela freine notre croissance.
D’autre part, notre technologie s’applique également dans le contexte d’autres pays, notamment en Afrique où nous sommes actifs dans des projets au Bénin et au Maroc. Pour une petite entreprise comme la nôtre, c’est un défi de couvrir plusieurs territoires en même temps depuis notre siège de Laval. Nous devons donc bâtir de bons partenariats dans ces pays pour y être représentés et répondre aux besoins locaux.


Ecofixe fait partie des 9 entreprises sélectionnées dans le cadre du concours Mouvement afin d’accélérer leur développement d’affaires à impact. Initié par Novae et Loto-Québec, Mouvement 2019 est mené en collaboration avec Cascades et Keurig.


Photo de Une : Timothy Meinberg

sur le même sujet

  • infolettre

    Envoyée tous les jeudis