Alors qu’une organisation pan-canadienne consacrée au sujet a été créée il y a quelques semaines, l’économie circulaire gagne peu à peu les entreprises d’ici.

La Coalition pour le leadership en matière d’économie circulaire (CLEC) a vu le jour en septembre dernier en marge de la réunion du G7 à Halifax, pour mettre en œuvre la transition vers une économie circulaire à l’échelle canadienne. Ses membres fondateurs sont des grandes entreprises comme Unilever Canada, Ikea Canada ou Loblaw, des organisations telles que The Natural Step Canada, l’Institut international du développement durable ou le Conseil national zéro déchet.

La formation de cette Coalition «donne un bon signal, tant auprès du gouvernement fédéral que des gouvernements provinciaux, pour mettre en place des programmes qui permettront aux villes, aux entreprises et aux citoyens de prendre des initiatives d’économie circulaire», relève Daniel Normandin, directeur exécutif de l’Institut EDDEC, autre membre fondateur.

L’objectif: adopter un modèle zéro-déchet selon les approches de l’économie circulaire qui se veut une alternative au modèle actuel d’économie linéaire dans lequel les ressources naturelles sont extraites, transformées, consommées… et jetées en fin de vie. Si bien que les ressources utilisées dans le système économique actuel sont en grande partie transformées en déchets qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement, dans l’environnement ou stockés dans des entrepôts. Basé sur un principe de consommation en boucle fermée, le modèle d’économie circulaire vise au contraire à «intensifier l’usage des ressources pour arrêter de les gaspiller et ralentir la ponction de matières vierges en utilisant sobrement et de façon la plus efficace possible les ressources qui sont déjà extraites», souligne Daniel Normandin.

À cette fin, «le rôle de la Coalition est d’influencer les gouvernements et les entreprises à adopter l’économie circulaire.» Sa dimension pancanadienne offre d’ailleurs l’avantage de pouvoir réunir «les joueurs d’un océan à l’autre pour faire évoluer les connaissances et les compétences.»

Loop-new

L’entreprise québécoise de jus et de bières Loop Mission se démarque par son approche d’économie circulaire, revalorisant des denrées autrement gaspillées.

En s’appuyant sur des organismes tels que The Natural Step Canada qui, par l’entremise d’initiatives comme le Laboratoire sur l’Économie Circulaire, mobilise un large éventail d’intervenants, la Coalition compte déjà sur un vaste réseau d’organisations et entreprises engagées. Grâce au soutien de chefs de file en matière de développement durable tels que Keurig Canada et Canadian Tire, la réflexion entourant les modèles, les leviers et les partenariats à privilégier pour stimuler et ancrer l’économie circulaire au Canada est bien entamée.

Déjà, de nouveaux modèles d’affaires se développent à travers l’économie circulaire, à l’instar des jus Loop produits à base de fruits et légumes invendus ou des carburants d’Enerkem élaborés à partir de déchets. Diverses composantes de l’économie circulaires donnent également lieu à de nouveaux modèles tels que l’économie du partage. «Que ce soit les voitures, les outils, les stationnements ou les ressources humaines, tout est partageable, particulièrement à travers des plateformes numériques.» Autre variante : l’économie de fonctionnalité, qui consiste non pas à vendre un produit mais l’usage d’un produit grâce à un système d’abonnement, à l’image du service clé en main de couches lavables proposé au Québec par Lange Bleu.

«L’économie circulaire pourrait devenir le modèle économique dominant d’ici 15-20 ans», estime Daniel Normandin. Au cours des prochaines années, le mouvement s’intensifiera donc «au fur et mesure que les entreprises expérimenteront les nouveaux modèles d’affaires et les mettront en place avec succès.» En ce sens, le lancement cette semaine d’une plateforme québécoise de l’économie circulaire, dans le cadre des premières Assises québécoises de l’économie circulaire, contribuera à l’adoption plus généralisée de ces pratiques d’affaires.


Cet article fait partie d’une série de publications financées par Keurig Canada.

Photo de Une : Victoriano Izquierdo

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