Pour les PME aux approches innovantes, les grandes entreprises constituent de véritables accélérateurs.

C’est ce que souligne Marie-Ève Chapdelaine, conseillère en développement durable chez Cascades, partenaire du Concours Mouvement, qui met spécifiquement de l’avant ces nouveaux types de collaborations.

La nouvelle version du concours met l’accent sur les relations d’affaires entre de plus petites organisations et des grandes entreprises : quels sont les avantages pour chacun de ces acteurs?

Marie-Ève Chapdelaine : Les projets sélectionnés dans le cadre de cette nouvelle édition seront en adéquation avec les valeurs des grandes entreprises composant le jury : c’est ce qui nous permettra de mieux nous impliquer dans le développement des initiatives proposées, en fonction des secteurs d’activité que nous connaissons bien. Nos réseaux et nos expertises internes pourront être utilisés par ces plus petites organisations en vue de résoudre un enjeu auquel elles font face. Une telle relation offre en parallèle l’opportunité aux grandes entreprises de se questionner sur leurs façons de faire: ces organisations en émergence sont en effet créatives et développent des idées qui peuvent parfois nous paraître folle, mais desquelles nous pouvons nous inspirer !

Quelle expérience avez-vous déjà eu de ce type de collaboration?

Notre porte est toujours ouverte. Nous avons de nombreux échanges avec les membres des précédentes cohortes Mouvement, que ce soit pour établir éventuellement des partenariats ou les aider dans leurs développements. Par exemple, nous avons réfléchi avec Jus Loop [Mouvement 2016] sur la manière de réutiliser les fibres de fruits et légumes issues du processus de pulpage. Notre équipe était sceptique sur la proposition de cette startup d’introduire ces fibres dans la production de papier carton, mais nous avons investigué et testé cette possibilité. Si finalement nous n’avons pas trouvé de solution concluante dans la papier carton, nous avons identifié des possibilités de réutilisation dans des domaines hors de notre champ d’expertise. Au-delà du secteur de la récupération, nous sommes également en contact avec les fondateurs de Simplyk [Mouvement 2017], une plateforme qui permet de géocaliser les offres de bénévolat des organismes communautaires: leur offre répond à nos besoins, à savoir aider nos employés à s’impliquer dans le milieu communautaire.

Julie Poitras-Saulnier, cofondatrice de Jus Loop, et ses deux associés, David Côté et Frédéric Monette.

Sélectionnée dans la cohorte Mouvement 2016, Julie Poitras-Saulnier a cofondé les Jus Loop avec ses deux associés, David Côté et Frédéric Monette.

Quelles sont vos attentes pour cette nouvelle édition ?

Comme entreprise, nous faisons continuellement face à de nouveaux enjeux et nous voulons donc identifier des organisations qui travaillent sur des solutions innovantes. Celles-ci peuvent être en lien direct avec notre activité principale, dans l’industrie de la récupération. Mais elles peuvent également répondre à d’autres enjeux que nous avons, à l’instar de Simplyk qui apporte une solution en termes d’implication sociale. Nous voulons littéralement être une rampe de lancement pour ces entreprises qui apportent de véritables solutions.

Le concours Mouvement amorce sa 4e édition : quel regard portez-vous sur les startups/projets qui ont été propulsés dans le cadre des précédentes éditions?

Tous ces projets ont en commun une approche solide et une forte volonté de faire les choses différemment. Ces startups ont été propulsées parce que leurs porteurs ont cru à leurs idées, ils ont persévéré et sont parvenus à convaincre les gens de la pertinence de leur initiative. Il faut se rappeler que même lorsque le timing n’est pas favorable, le marché change tellement vite qu’il est toujours possible de sortir son épingle du jeu.

Quel conseil donneriez-vous à une grande entreprise qui veut collaborer avec une PME/startup, et inversement ?

Les grandes entreprises doivent, pour saisir les opportunités, faire preuve d’ouverture d’esprit sur des façons de faire différentes. Il arrive un moment donné dans une grande entreprise où l’on ferme les yeux sur des solutions qui n’ont éventuellement pas convaincues dans le passé. Or, ce n’est pas parce que ça ne marchait pas il y a 10 ans, que ce ne marchera pas aujourd’hui. Le développement de partenariats extérieurs peut amener une vague de fraicheur très utile à la grande entreprise. Cette ouverture d’esprit va d’ailleurs dans les deux sens : les petites organisations doivent être à l’écoute pour éventuellement réviser leur projet et l’adapter au mieux à une réalité qu’elles n’auraient pas considérée initialement.


PME et organismes, vous avez jusqu’au 9 octobre pour soumettre votre candidature à Mouvement, concours initié par Novae et Loto-Québec, en collaboration avec Cascades et Keurig Canada.


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