Après les fruits et légumes invendus, la startup Loop vole au secours du pain gaspillé en le revalorisant dans la fabrication de bières.

Depuis un peu plus de deux ans, la jeune entreprise fait parler d’elle avec son approche innovante : récupérer des fruits et légumes invendus auprès de son partenaire, le grossiste Courchesne Larose, pour en faire des jus pressés à froid. Poursuivant sa démarche en économie circulaire, Loop se lance maintenant dans la fabrication de bières fruitées à base de pain récupéré en boulangerie.

Avec près de 750 000 pains jetés chaque jour au Canada, «le potentiel de transformation du pain aujourd’hui dirigé vers les sites d’enfouissement est énorme», indique Julie Poitras-Saulnier, cofondatrice de Loop. L’entreprise prévoit d’ailleurs récupérer pas moins de 18 tonnes de pain au cours de la prochaine année auprès de son fournisseur, une grande boulangerie industrielle québécoise dont  le nom n’est pas dévoilé. Côté logistique, la boulangerie récupère en épiceries ses pains invendus trois jours avant leur date d’expiration; une partie est remise à des organismes caritatifs tandis que les pains qui n’ont pu être écoulés de cette manière sont vendus à bas prix à Loop plutôt que d’être jetés. «Ce qui nous intéresse, c’est de transformer la perte, souligne Julie Poitras-Saulnier. Le pain que nous récupérons est encore bon. Ce sont des pains santé et naturels, composés de peu d’ingrédients. Ils remplacent 30% d’orge et de blé dans la fabrication de notre bière

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Julie Poitras-Saulnier, avec les deux autres co-fondateurs de Loop, Frédéric Monette et David Côté.

Outre ce pain, le jus de fruits et aromates eux-mêmes issus de produits invendus de Courchesne Larose intègrent cette bière, offrant ainsi trois saveurs différentes: lime-coriandre, fraise et citron-gingembre. «C’est une bière facile à boire; elle est sure et légère, non sucrée et son goût peu prononcé en amertume devrait attirer les gens qui ne sont pas nécessairement amateurs de bières.» Les sous-produits issus du brassage de la bière sont à leur tour revalorisés. Les drêches sont ainsi utilisées en agriculture, principalement dans l’alimentation animale ou comme engrais; elles intègrent dans une moindre mesure de nouveaux produits dans la composition de pains, de savons et de biscuits pour chiens.

«Ce concept de bière au pain nous intéresse depuis très longtemps. Mais nous ne pensions pas avoir l’expertise pour concrétiser cette idée.» Le hasard des rencontres a finalement permis à Loop de sauter le pas en joignant un jeune collectif de brasseurs à Boucherville, composé de trois autres producteurs de bière: Boldwin, la Ferme brassicole des Cantons et Vagabond. «Ce collectif propose un modèle collaboratif intéressant. On s’entraide, on partage. Chaque membre a sa propre marque et son propre créneau [de variétés de bière], mais le processus de brassage de la bière est réalisé par ce collectif. En nous y associant, nous apportons de notre côté une marque et un modèle d’affaires

Ce collectif offre ainsi l’opportunité à Loop de profiter d’une expertise brassicole, grâce notamment à la recherche et développement menés par Boldwin dans la fabrication de la bière au pain. Il apporte également une aide précieuse dans la distribution du produit, en particulier dans les bars et restaurants, un milieu que Loop ne connaissait pas jusqu’à présent. Ainsi, en plus des bières conditionnées en canette et distribuées en épiceries notamment dans certains IGA et Métro, ou auprès de dépanneurs spécialisés, les bières Loop seront aussi disponibles en fûts de 50 litres pour les bars.


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