Trop accaparé par votre téléphone cellulaire? Et si vos chanteurs et restaurants préférés vous aidaient à déconnecter?

«Un collectif français créé ce printemps veut nous encourager à réduire l’usage de nos téléphones, explique Mickaël Carlier, président de Novae, à sa chronique Innovation sociale sur les ondes de Radio-Canada. Pour nous aider à reprendre le contrôle, l’organisme veut nous amener à littéralement lever les yeux de nos téléphones, et c’est d’ailleurs son nom: Collectif Lève les yeux. »

Car ne serions-nous pas face à une «perte de contrôle», tant individuelle que collective, de nos téléphones? Pour s’en convaincre, pensons aux impacts environnementaux qu’occasionnent nos téléphones, tels que l’extraction des minerais nécessaires à leur fabrication et la consommation d’énergie (en croissance continue) liée à leur utilisation. Ou à l’obsolescence programmée et donc au renouvellement effréné de nos téléphones: Lève les yeux souligne qu’il y a aujourd’hui plus de téléphones cellulaires actifs (7,7 milliards) que d’êtres humains (7,4 milliards) sur la planète, et qu’en 2017 il s’est vendu dans le monde environ 50 téléphones… par seconde !

«Si les enjeux autour du cellulaire sont nombreux, on parle ici d’un problème sociétal plus pernicieux : la dépendance. C’est ce sur quoi le collectif se concentre, cherchant à contrer cette dépendance ‘par la reconquête du temps, de l’attention, de la convivialité…’» Pour saisir l’ampleur du problème, le collectif met notamment de l’avant deux données : les Français de moins de 30 ans vérifient leur téléphone en moyenne 220 fois par jour, et 4 étudiants sur 10 se disent incapables de se passer de leur téléphone pendant toute une journée. «La dépendance fait référence à ‘une substance ou une activité génératrice de plaisir, dont une personne ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté’; c’est bien de cela dont il s’agit. Or ce temps passé sur le cellulaire est un temps qui n’est plus passé avec des humains; cela génère isolement et souffrance psychologique

Autre effet négatif de cette utilisation démesurée des écrans : une diminution progressive de nos capacités d’attention et de concentration. «Ce qui influence notre aptitude à la convivialité, à l’empathie et… au bonheur. Plus on passe de temps devant un écran, moins on a de chances d’être heureux – c’est l’essence du message que veut passer le Collectif Lève les yeux.»

Pour renverser cette tendance, et pour à la fois retrouver cette convivialité et rebâtir les liens sociaux, l’organisme se lance dans la sensibilisation. «Il veut par exemple que ce soit ‘cool’ de passer toute une soirée sans téléphone. Pour cela, il passe par le milieu artistique, mobilisant des artistes émergents qui vont à leur tour encourager leur public à profiter de leur concert plutôt que de le filmer!» Les lieux aussi – restaurants, salles de spectacles… – sont interpellés et invités à adopter un label créé à leur intention. «En adhérant à ce mouvement, l’établissement s’engage à sensibiliser sa clientèle à une déconnexion profitable à tous. Pour cela, il peut par exemple réserver des tables ou tout un espace ‘sans téléphone’ – à l’instar des zones sans fumée que l’on voyait encore il y a quelques années – ou prévoir dans sa programmation des moments de déconnexion. Nos artistes et restaurants auront-ils envie de promouvoir cette idée ici aussi?»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


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