Ce printemps, la cinéaste et aventurière Caroline Côté est partie à la découverte du réseau électrique québécois. Retour sur une épopée de 2000 km parcourus à pied et en solitaire.

À pied, mais aussi à ski, à raquette, à vélo ou en canot, la cinéaste et photographe d’aventure, Caroline Côté, a parcouru seule 2000 km en 74 jours le « chemin de l’électricité », à la découverte du réseau électrique québécois de la Côte-Nord. Initiée par Hydro Québec, l’expédition ÉlectrON se veut une découverte du territoire, des infrastructures et des gens qui composent le réseau de Natashquan à Montréal, et ce tout au long d’un itinéraire effectué à moins de 5 km des lignes de transport électriques. «On ne réalise pas lorsqu’on allume à Montréal une lumière en une fraction de seconde, tout le chemin que fait l’électricité sur des milliers de kilomètres. Mon objectif était de retracer ce parcours-là», explique Caroline Côté. Le trajet, entamé début avril, a été effectué au rythme des étapes dans les centrales de la Romaine à la hauteur de Havre-Saint-Pierre, de Manic-2 et Manic-5 dans le Manicouagan, de Bersimis-1 au nord de Forestville, de Grand-mère et Shawinigan-2 sur la rivière Saint-Maurice, et les nombreux postes électriques qui jalonnent le parcours, pour s’achever mi-juin à Montréal.

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Caroline Côté étudie une rivière qu’elle s’apprête à traverser, à proximité de la Centrale Bersimis-1

Un Québec au territoire magnifique, vaste mais rude, voilà sans doute l’impression la plus marquante que Caroline Côté retient de son périple. «Inutile de partir à l’aventure à l’autre bout du monde pour sortir de sa zone de confort, il y a au Québec tellement de zones inexplorées !» Il y a les gens aussi. Comme cette rencontre avec un «bâtisseur d’eau» qui a participé des années durant à la construction de Manic-5; les employés qui s’activent 24h sur 24 dans les centrales et ceux qui inspectent les lignes de transport, « toujours aux aguets pour savoir quel pourrait être le prochain problème.» Ce sont enfin des infrastructures gigantesques qui apparaissent brusquement devant elle après plusieurs jours de marche en forêt. «C’est un contraste de voir ces structures en béton, et autour d’elles, de véritables petites villes, comme à la Romaine, où les travailleurs vivent environ 4 jours sur 7.»

De tous les défis rencontrés, Caroline Coté aura surtout eu à affronter des conditions météorologiques difficiles: le froid, la tempête, les habits mouillés, et particulièrement la surface instable de la neige fondante du printemps dans laquelle s’enfoncent ses raquettes. «À plusieurs moments il a fallu repenser l’itinéraire pour éviter une zone devenue trop risquée.» Le contact quotidien avec l’équipe logistique de l’expédition permettait en outre d’adapter l’équipement, au rythme des ravitaillements de nourriture toutes les unes à deux semaines.

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Un monteur de ligne au poste Micoua

Tout au long de l’aventure, Caroline Côté a documenté l’expédition par des photos et des capsules vidéo, pour offrir, à travers «une histoire et un dépassement de soi, un nouveau regard aux 24-35 ans», une génération peu sensibilisée à la réalité du réseau d’électricité au Québec. En outre, son propre regard a changé : «Les fils électriques représentent pour moi autant un moyen de transport d’électricité que l’entraide qui me menait toujours plus loin. Je retiens de cette expédition tout ce que ces personnes ont bâti dans des conditions extrêmes. C’est fort ce qu’on est capable de faire ensemble !»

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Caroline Côté à son arrivée à Montréal le 16 juin, après avoir parcouru 2000 km depuis Natashquan en 74 jours.

 


Venez rencontrer Caroline Côté qui, accompagnée de son chef d’expédition Samuel Ostiguy, partagera son incroyable aventure lors du Forum Novae, le 25 octobre.


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