Dans quelques années à peine, des aéronefs 100% électriques nous transporteront sur de courtes à moyennes distances.

Le mouvement de l’aviation 100% électrique s’est accéléré ces dernières années sur le marché des petits appareils à décollage vertical, destinés à de courtes distances. «Le potentiel commercial à court terme, soit environ trois à cinq ans, vise les avions de deux à quatre places, avec ou sans pilote, pour le transport de passagers sur des distances allant jusqu’à 150 km», indique David Rancourt, professeur à la faculté de génie de l’université de Sherbrooke, également en charge de la conception du HERA, le premier avion hybride canadien.

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L’aviation 100% électrique se développe à grande échelle, particulièrement dans l’objectif de proposer une nouvelle option de déplacements interurbains. Parfaitement adapté aux petits aéronefs, le 100 % électrique est en revanche inadapté à l’heure actuelle pour les avions de ligne, trop exigeants en termes d’énergie et de puissance. «Un Boeing 787 complétement électrique exigerait, rien qu’au décollage, une puissance approximativement équivalente à toute la production électrique de la région de Sherbrooke!» C’est pourquoi les gros joueurs de l’industrie aéronautique, comme Bombardier ou Airbus, concentrent leurs recherches dans le développent d’appareils hybrides électriques. Il est toutefois imaginable, selon David Rancourt, de voir à long terme des aéronefs 100% électriques de 30 à 50 places sur des vols de 300 km, grâce au développement rapide de la performance des batteries.

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Le concept d’hélicoptère électrique, d’Evolo.

L’aviation 100% électrique, véritable nouveau modèle d’affaires pour le transport de passagers sur de courtes distances, modifie d’ores et déjà le marché de l’aéronautique, de nouvelles compagnies émergeant rapidement dans le domaine. «Pour Evolo, une compagnie allemande d’hélicoptères [rebaptisée ensuite Volocopter], il n’a fallu que deux ans entre l’idée du prototype développé dans un garage par trois personnes et le modèle proposé en vente. Sept ans plus tard, la compagnie a levé plus de 100 millions$ en bourse.» Uber Elevate, leader dans le développement de taxis volants aux États-Unis, prévoit une production d’environ 5000 avions par an. Près d’une quarantaine d’autres entreprises dans le monde sont également dans la course. Joby, par exemple, une entreprise californienne, vient de tester un avion d’une capacité de 15 personnes et d’une vitesse supérieure à 250km/h. La compagnie chinoise Ehang, fabriquant d’hélicoptères, mettra quant à elle ses premiers appareils 100% électriques sur le marché d’ici deux ans.

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Uber Elevate prévoit une production d’environ 5000 avions par an.

Pour l’heure, le déploiement sur le marché de ce type d’aviation exige une adaptation des réglementations. «Pour être certifié actuellement, un hélicoptère doit par exemple avoir une réserve énergétique de 20 minutes en vitesse de croisière. Or cette certification ne prévoit pas des vols de courte durée; une réserve de 5 minutes serait suffisante pour des vols de trois minutes.»

À court terme, la Californie apparait comme le meilleur marché de développement grâce à une météo clémente et surtout une concentration importante de personnes fortunées capables d’assumer le coût élevé d’un tel transport. Si le contexte est différent au Québec, David Rancourt estime néanmoins que «d’ici 5 à 7 ans, nous serons capables de commander via nos cellulaires un aéronef [taxi], pour nous chercher à la maison.»


L’innovation et le futur des transports « propres » vous intéressent? Venez écouter et rencontrer David Rancourt lors du prochain Forum Novae, le 25 octobre.


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