Alors que les impacts du tourisme de masse sont de plus en plus pointés du doigt, certaines destinations amorcent ce qui pourrait devenir le tourisme du futur.

À sa chronique Innovation sociale, sur Radio-Canada, Mickaël Carlier rappelle quelques cas de destinations touristiques qui ont fait parler d’elles ces derniers mois pour causes d’importantes problématiques environnementales ou culturelles. «Depuis avril, l’île de Boracay, aux Philippines, est fermée pour cause de pollution, le président philippin estimant qu’elle est devenue une véritable ‘fosse septique’. De son côté, la population barcelonaise s’élève de plus en plus contre le poids du tourisme, ciblant notamment les hausses de loyers et le flux ininterrompu de touristes dans certains quartiers, dénaturant drastiquement la vie locale. Et pensons à cette vidéo, largement diffusée sur les médias sociaux cet hiver, dans laquelle on voit un plongeur britannique dans les eaux de Bali souillées de déchets de plastique.»

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Cette vidéo d’un plongeur britannique dans les eaux polluées de Bali a fait le tour des médias sociaux.

Or ces destinations – comme de nombreuses autres – vivent en grande partie de cette économie touristique : celle-ci crée 14% de la richesse de Barcelone et y représente 65000 emplois directs; tandis qu’à Boracay, où 500 entreprises sont directement liées au tourisme, les emplois de 17000 personnes  sont menacés par la fermeture de l’île. «Continuer à vivre de cette industrie nécessite de le faire sans détruire ce pour quoi les gens se déplacent : les quartiers typiques et les plages paradisiaques constituent pour l’industrie touristique un véritable fonds de commerce qu’elle doit impérativement préserver. Lorsque ces attraits naturels ou culturels seront trop dégradés, voire détruits, les touristes ne s’y rendront plus et c’est toute une économie locale qui s’effondrera: il faut agir avant.»

À l’instar d’autres industries qui cherchent à instaurer des pratiques plus modérées et durables – pêche durable contre sur-pêche, gestion durable des forêts contre déforestation, permaculture contre agriculture intensive -, l’industrie touristique est aujourd’hui confrontée à une problématique similaire. «Quelque soit la destination, le problème principal réside dans l’afflux disproportionné de touristes. Quand Barcelone accueille un nombre de touristes près de 20 fois supérieur à sa population ou que Boracay reçoit 2 millions de visiteurs sur un micro-territoire, comment ne pas déséquilibrer la vie locale et l’écosystème?»

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Un «permis de voyager» a récemment été instauré pour accéder aux Galápagos.

Or, certaines destinations posent des gestes en vue de façonner le tourisme de demain. Aux Galápagos, destination prisée mais particulièrement fragile au large de l’Équateur, on a récemment instauré un «permis de voyager», un document obligatoire pour accéder au site, ce qui permettra de limiter le nombre de visiteurs. «On cherche ici à gérer le tourisme à partir de l’offre et non plus de la demande, autrement dit sur la base de la capacité réelle d’un lieu à recevoir des visiteurs. On aspire ici à recevoir moins de personnes, mais de leur offrir une meilleure expérience. Et l’objectif est que cette activité, plus qualitative, plus authentique, puisse durer des décennies.» L’industrie touristique n’a aujourd’hui plus le choix que de sortir d’une consommation effrénée pour miser davantage sur la qualité et moins sur la quantité. «Une approche qui s’avérera bénéfique pour tous : les professionnels du secteur, les populations locales et les touristes eux-mêmes!»


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