Du toit à la cave, les épiceries exploitent au mieux leurs installations pour y faire pousser des fruits et légumes.

Alors que les consommateurs cherchent à « manger local », les grandes chaînes d’épiceries ont ces dernières années accentué leurs efforts pour s’approvisionner auprès de producteurs et maraîchers locaux ; on assiste maintenant à une nouvelle étape de cette tendance, qui mise sur l’hyper-local, explique Mickaël Carlier, président de Novae, à sa chronique Innovation sociale à Radio-Canada. « En ce sens, le magasin IGA Duchemin a fait beaucoup parler de lui depuis un an: l’été dernier, il devenait le premier marchand d’alimentation au Canada à vendre des légumes cultivés sur son toit, et devenait dans le même temps le plus grand potager biologique sur toit au pays, avec ses 25 000 pieds carrés de surface de toit aménagés

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L’entreprise La boite à champignons travaille avec un magasin Monoprix pour y produire des pleurotes dans sa cave.

L’entreprise a travaillé avec La ligne verte, spécialisée en verdissement, qui a conçu la végétalisation de ce toit, intégrant par exemple un astucieux système d’irrigation utilisant l’eau récupérée du système de déshumidification du magasin. «Cette épicerie fait ici une utilisation très judicieuse de tout l’espace qu’offre son toit – et en Amérique du Nord on sait qu’il y a énormément de toits plats, autant d’espaces gaspillés! – tout en restant concentrée sur son métier, à savoir la distribution – et non la production – de produits alimentaires.»

Et si ce magasin est le premier au Canada à adopter une telle approche, la production hyper-locale a commencé à séduire plusieurs autres groupes à l’international. «Le groupe Monoprix, en France, a amorcé la culture de champignons dans un de ses magasins. Il travaille avec la startup La Boite à champignon pour faire pousser des pleurotes sur du marc de café – lui-même récupéré de bruleries de la région, puis redonné à des maraîchers pour fertiliser leurs sols. Ces champignons sont ensuite vendus dans des « Bars à pleurotes » spécifiquement créés dans le magasin.» Dans ce même élan, toujours en France, un magasin Carrefour a commencé à cultiver sur une parcelle de son stationnement (photo de Une), tandis qu’un Leclerc a amorcé de la production locale en conteneur (ci-dessous).

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Ces entreprises démontrent ici une volonté de se renouveler et de s’ancrer dans les défis sociétaux de notre époque. «Côté environnemental, elles y trouvent plusieurs avantages. Par exemple, elles réduisent drastiquement l’empreinte carbone liée au transport de nos aliments; elles contribuent également à verdir leur environnement immédiat – souvent des zones urbaines très asphaltées, confrontées aux îlots de chaleur et à une très faible biodiversité. Ces démarches permettent aussi de sensibiliser leurs employés et leurs clients.»


Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.


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