Après Bruxelles et Barcelone, le spécialiste danois du vélo en milieu urbain Copenhagenize arrive à Montréal.

Copenhagenize est une entreprise de conseil dont la mission est de promouvoir l’utilisation des vélos en villes à travers le design, la planification et l’aménagement du réseau cyclable. Fondée à Copenhague il y a 12 ans par le Canado-danois Mikael Colville-Andersen, la compagnie s’est depuis déployée à Bruxelles, Barcelone et dernièrement à Montréal.

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Une voie cyclable à Copenhague. Photo: Lorenz Siegel

L’objectif du bureau de Copenhagenize à Montréal est de conseiller les élus des villes nord-américaines dans la création réseau de pistes cyclables minimal. Rapide à implanter, ce type de réseau se caractérise par des pistes protégées et utilitaires pour un meilleur accès aux centres-villes, à l’instar du plan de réseau qu’a conçu l’entreprise pour la ville de Détroit. «Notre approche s’inspire du réseau cyclable développé à Copenhague, explique Michael Seth Wexler, designer urbain dans l’entreprise et en charge du bureau montréalais. Cette ville s’est dotée d’un réseau formidable qui est connecté et protégé grâce à des pistes cyclables à mi-niveau entre le trottoir et la route sur toutes les rues artérielles.»

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Michael Seth Wexler

Montréal a su développer des pistes cyclables protégées dès les années 80, ce qui en fait, selon Michael Seth Wexler, la meilleure ville cyclable en Amérique du nord. L’absence de connexion entre ces pistes limite toutefois la vocation utilitaire du vélo au quotidien. «Montréal a encore beaucoup à faire pour développer un réseau cyclable minimal avec des pistes longues, connectées et protégées sur les rues artérielles», et favoriser ainsi une utilisation quotidienne du vélo, au-delà du récréatif. « À Copenhague, 45% des citoyens qui utilisent le vélo pour leurs allers-retours au travail ou à l’école de manière quotidienne, contre 3% à Montréal.» Proportion qui grimpe à 15% dans l’arrondissement du Plateau – Mont-Royal, ce qui démontre, selon Michael Seth Wexler, l’impact positif des aménagements spécifiques sur les déplacements à vélo, comme les avancées de trottoir ou les contournements de la circulation.

Pour Copenhagenize, le développement d’un réseau cyclable connecté va de pair avec l’amélioration du design des pistes cyclables à Montréal. Ces dernières ont été conçues pour une circulation à double sens, un concept qui rend les traversées d’intersections difficiles. Pour y remédier, l’entreprise propose dans le projet du campus des sciences de l’Université de Montréal par exemple, la construction de «pistes assez larges, de 1,8 à 2 mètres, de chaque bord de la rue pour permettre un déplacement facile des cyclistes dans chaque sens», dans le déploiement des liens cyclables entre les 6 arrondissements limitrophes.

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Une voie cyclable à Copenhague. Photo: Lorenz Siegel

De plus, Michael Seth Wexler est d’avis qu’une connexion facile et sécuritaire entre les bus, le métro, les vélos et les piétons assure une meilleure intermodalité. Cette connexion passe tant par l’aménagement et le design des infrastructures que les offres de services. C’est le cas à Montréal avec certains arrêts de bus sur des ilots séparateurs qui n’empiètent pas sur la piste cyclable, ou la possibilité d’utiliser un Bixi grâce à la carte OPUS. «L’intermodalité, c’est permettre des déplacements qui combinent le bus ou le métro, tout en permettant de finir son trajet en Bixi avec un seul ticket de transport. On a un système formidable avec Bixi et s’il reste beaucoup à faire pour permettre à Montréal d’égaler les villes de vélo en Europe, les opportunités sont là!»

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Prototype de poignée amovible que Copenhagenize a récemment installé provisoirement sur des poteaux aux intersections.

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