La compagnie québécoise E-Taxi, nouvel acteur du taxi électrique au Canada, déploiera dès l’automne 25 à 50 véhicules à Montréal.

Cette flotte se composera du modèle de véhicule e6 du fabricant chinois BYD dont l’homologation canadienne est actuellement en cours. L’atout majeur de ce modèle : son autonomie électrique de plus de 300 km. Cette caractéristique a d’ores et déjà attiré l’industrie du taxi en Chine, en Europe et aux États-Unis. La compagnie prévoit d’introduire à terme près de 8000 taxis sur l’ensemble du Québec. Une telle flotte permettrait une diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) de près de 200 000 tonnes équivalent CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de GES d’environ 50000 véhicules légers au Québec (un véhicule léger effectue en moyenne moins de kilomètres qu’un taxi). En ce sens, E-Taxi indique que le projet s’aligne sur les orientations de mobilité durable du gouvernement du Québec et de Montréal : il permettra à l’industrie du taxi de se moderniser, «en plus de représenter une vitrine unique pour l’adoption de voitures entièrement électriques par les consommateurs et les parcs automobiles gouvernementaux.»

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L’arrivée de Téo à l’hiver 2015 a bousculé l’industrie du taxi au Québec.

L’arrivée d’E-taxi est une bonne nouvelle pour Catherine Morency, professeure titulaire de la chaire Mobilité à Polytechnique Montréal. L’évolution des technologies permet l’augmentation de l’autonomie des batteries des véhicules. C’est un facteur important qui favorise une meilleure offre de service. «Le taxi électrique ne s’opère pas de la même manière que les taxis conventionnels, souligne-t-elle. Il doit avoir suffisamment d’autonomie pour prendre en charge n’importe quelle demande, [notamment] les courses hélées sur rue (…). Nous devons bonifier nos connaissances sur la performance et l’utilisabilité des véhicules électriques afin de mieux positionner leurs potentialités pour différents types de déplacement

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Catherine Morency

La perspective d’évolution de l’offre en matière de taxi électrique doit être prise de manière globale, en incluant toute l’industrie du taxi, selon Catherine Morency. «L’image du taxi a changé à Montréal, Téo Taxi [première compagnie de taxis électriques à Montréal] y a beaucoup contribué. Une réflexion est en cours sur la façon dont l’offre de service du taxi doit être faite, et comment on s’assure qu’elle s’intègre dans le cocktail de transport. Plusieurs acteurs cherchent à construire une offre visant à réduire la dépendance à l’automobile privée, et le taxi fait partie de la solution.»

C’est donc dans ce contexte que l’électrification du transport, tant des taxis que des véhicules en autopartage, prend toute sa pertinence. L’intérêt d’un développement de l’usage privé des véhicules électriques reste quant à lui plus mitigé pour Catherine Morency. S’il est vrai que l’utilisation d’un tel véhicule permet la réduction des émissions de GES, elle n’apporte en revanche aucune solution aux autres problématiques du transport comme la sécurité, la congestion ou l’occupation de l’espace. Plutôt que d’encourager les gens à remplacer leur véhicule par un modèle électrique, le véritable enjeu, selon Catherine Morency, est de savoir comment les inciter à changer de mode de transport.

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