Du bureau accueillant aux séances de yoga en passant par les vacances illimitées, GSOFT mise sur le bonheur de ses employés pour mieux réussir en affaires.

Alors qu’il recevra la prochaine Rencontre Novae, éclairages sur cette culture d’entreprise avec Simon De Baene, cofondateur de cette entreprise montréalaise en technologie qui fait aujourd’hui figure de référence en la matière.

Quelles sont les grandes lignes de votre culture d’entreprise ?

Notre culture d’entreprise est basée sur le bonheur. On sait que l’engagement au travail est lié à la performance, et qu’il y a une corrélation entre le bonheur et la performance d’une organisation.

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Simon De Baene

On utilise ce qu’on appelle un mode de confiance par défaut. La confiance à l’égard de nos employés permet de tous nous responsabiliser au sein de l’entreprise et de nous développer professionnellement plus rapidement.

Pourquoi adopter une telle approche ? D’où cela vient-il ?

Nous avons commencé notre entreprise à l’âge de 20 ans en 2006, sans savoir comment nous démarquer. Les premières années, l’entreprise ne ressemblait pas à celle que je rêvais de bâtir initialement. En 2010, nous avons décidé de poursuivre nos activités autrement, en créant une culture d’entreprise à notre image, basée sur le bonheur. Google est une source d’inspiration par son innovation en matière de culture organisationnelle en entreprise. Je pense que ça lui a permis de créer des produits grandioses et de se positionner partout dans le monde. Tout comme Jason Fried dont je suis fan. Il est le fondateur de Base Camp, à Chicago, qui a créé un logiciel de gestion de projets.

Concrètement, ça signifie quoi au sein de votre entreprise?

Ce matin, une cinquantaine d’employés se sont rassemblés pour former eux-mêmes des équipes pour un projet. C’est ce qu’on appelle en anglais du self selecting team. En 75 minutes et 4 rounds, ils ont réussi à former 7 équipes avec succès. C’est l’exemple flagrant de la confiance que l’on peut donner aux gens. Dans la même idée, il n’existe aucune politique et limite de vacances au sein de GSOFT. Les employés gèrent eux-mêmes leurs vacances, de manière raisonnable, en s’assurant notamment qu’ils ne partent pas au même moment que certains collègues. Un autre exemple concerne la rémunération basée sur les responsabilités et les attentes pour l’année à venir. La confiance réside en ce que l’employé est payé en fonction des attentes sans que l’on sache s’il sera capable de les atteindre. Le suivi réalisé en cours de route permettra d’ouvrir le dialogue en cas de problème, et d’ajuster éventuellement le salaire ou les objectifs. Cette méthode apporte plus de succès que d’échecs.

Parallèlement, je pense qu’un lieu physique stimulant contribue à la créativité. Pour ce faire, nous investissons dans un bureau qui est à notre image avec un petit café, une rampe de skate, des espaces de sieste ou des salles de conférence originales. Je me considère privilégié d’avoir 240 employés. Je veux m’assurer de prendre ma part de responsabilité en créant un environnement sain basé sur le bien-être. Cela comprend, par exemple, des séances de yoga au bureau, des déjeuners disponibles chaque matin et des diners santé offerts trois fois par semaine. En cas de situation difficile pour un employé, un programme d’aide lui offre des ressources pour recevoir des conseils. Les employés ont aussi la possibilité de se confier et de soulever des problématiques de manière anonyme ou non, selon leur choix.

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Une rampe de skate dans les bureaux de GSOFT.

Quels sont les bénéfices de cette approche ?

Une entreprise se démarque par la créativité qui se cachent dans la tête de chaque personne. Pour cela, il faut savoir créer un environnement et des conditions de travail qui cherchent le meilleur de chacun. Cette culture, basée sur le bonheur et la confiance, est devenue aujourd’hui un des grands facteurs de notre succès. C’est du gagnant-gagnant pour l’organisation et les gens qui y travaillent. Lorsqu’une entreprise réussit à développer la confiance, les employés le redonnent fois mille. Pour moi, c’est la façon de faire des affaires de manière responsable aujourd’hui.

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui veut adopter une telle culture ?

Je pense qu’on est toujours notre propre ennemi. On croit que c’est plus facile de gérer les entreprises comme on le faisait il y a 100 ans : on infantilise les employés en croyant qu’ils sont incapables de faire des choix matures. L’élément essentiel est d’avoir confiance envers les gens que l’on recrute. Dans ce sens, le recrutement est une étape importante à ne pas négliger ; c’est ce qui a le plus d’impact sur la culture d’entreprise. Il faut prendre le temps de rencontrer les gens avant de les embaucher. Ensuite, plutôt que de gérer nos employés, nous devons être des facilitateurs : il faut les écouter et comprendre ce qu’ils vivent et ce dont ils ont besoin. Il faut être à leur service pour leur donner tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent réussir au quotidien.

Simon De Baene et l’équipe de GSOFT accueilleront la prochaine Rencontre Novae, le 23 février. Pour participer, cliquer ici.

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Un lieu de travail hors du commun pour les employés de GSOFT.

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GSOFT expérimente les bureaux satellites, comme ici dans une café à Prague.

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