En plus du verdissement des ruelles, un projet-pilote vise à développer une gestion intégrée des eaux de pluie afin notamment de réduire la pression sur les systèmes municipaux.

Le projet-pilote Ruelles bleues-vertes propose une gestion locale et novatrice des eaux de pluie en vue d’apporter une solution d’adaptation aux enjeux climatiques. Le concept : débrancher les drains des toitures pour détourner les eaux de pluie des égouts et les acheminer vers les jardins et autres infrastructures vertes aménagés dans les ruelles.

«On sait déjà que les ruelles vertes créent des espaces de vie ; l’idée ici est de regrouper la gestion de l’eau avec l’aménagement d’un milieu durable», explique Véronique Fournier, directrice générale du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM). L’initiative se déploiera dans deux ruelles montréalaises: l’une dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (quadrilatère des rues Saint-Clément, Viau, Rouen et Ontario), l’autre dans la ruelle le Ber (parallèlement au Bâtiment 7) de l’arrondissement Sud-Ouest. Le projet devrait permettre de détourner plus de 9000 m3 d’eau pluviale par an et d’augmenter d’environ 600 m2 l’espace végétalisé dans chaque ruelle.

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Cette initiative propose «un outil susceptible de réduire les impacts des événements météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques», précise Véronique Fournier. En ce sens, le détournement des eaux pluviales des infrastructures municipales permet «une réduction des débits de pointe dans le réseau, la diminution des reflux dans les cours d’eau et par conséquence, une diminution de l’érosion des berges.» Le projet vise aussi à diminuer les effets d’îlots de chaleur par une déminéralisation des ruelles. Celle-ci consiste «à libérer le sol recouvert d’asphalte et de ciment pour que l’eau puisse percoler de manière naturelle dans le sol et favoriser de ce fait la végétation et la biodiversité.» La démarche permet enfin une meilleure résilience aux inondations et de réduire la consommation d’eau potable.

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« Ce projet illustre la rencontre de plusieurs milieux qui souhaitent avancer sur l’innovation, souligne Véronique Fournier. Un autre aspect innovant repose donc sur la forme de gouvernance.» Celle-ci se fait à travers l’Alliance Ruelle bleues-vertes composée du bureau de génie civil Vinci Consultants, du CEUM, mandataire du projet, ainsi que de deux organismes locaux : la Société d’Habitation Populaire de l’Est de Montréal (SHAPEM) dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et le Collectif 7 à Nous dans le Sud-Ouest. Ces deux organisations assurent la mobilisation des citoyens et leur participation à toutes les étapes du projet, notamment dans «la gestion de l’eau de pluie à l’échelle locale et la création de milieux de vie adaptés à leurs besoins

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La prochaine étape porte sur la réalisation de l’étude de faisabilité sur les deux secteurs d’intervention visés. Elle permettra d’aborder les aspects techniques, scientifiques et réglementaires de mise en oeuvre ainsi que «le design des aménagements, le montage financier et l’engagement de la communauté dans la planification de son milieu.» Parallèlement, des comités techniques seront créés et des évènements participatifs, par exemple des ateliers de design urbain, seront proposés aux riverains. L’objectif est d’achever la réalisation du projet à l’horizon de 2020.

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Fête de ruelle organisée par la SHAPEM durant laquelle l’Alliance a sondé les citoyens sur leur vision d’une ruelle idéale.

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