La croissance de l’entreprise québécoise d’énergie renouvelable Innergex vient de passer par l’acquisition d’Alterra, de Vancouver.

Active depuis 1990, Innergex est une société de Longueuil productrice d’énergie renouvelable avec une capacité de 1078 MW nets en 2017. Sa stratégie vise depuis plusieurs années la diversification des sources d’énergie renouvelable, son expansion à l’international et le renforcement de sa présence au Canada. C’est dans ce contexte qu’elle vient d’annoncer l’acquisition d’un autre producteur d’énergie renouvelable, Alterra Power Corp, de Vancouver. Par cette transaction, elle passe de 52 à 65 installations en exploitation et en construction, auxquelles s’ajoutent des projets à un stade avancé qui permettront de dépasser son objectif de 2000 MW d’ici 2020.

«Il est plus important que jamais de rester exclusivement sur l’énergie renouvelable», indique Michel Letellier, président d’Innergex, lors d’une conférence auprès des actionnaires. L’entreprise veut ainsi miser sur la diversification des sources d’énergie pour réduire les risques liés aux variabilités des régimes hydroélectrique, éolien et solaire. La transaction avec Alterra permet à Innergex d’inclure dorénavant la géothermie dans son portefeuille d’actifs. Le développement de cette filière énergétique n’est cependant pas une priorité pour Michel Letellier, qui préfère se « concentrer davantage sur les énergies éolienne, hydroélectrique et solaire pour être plus compétitif dans le monde. »

alterra

Le site Dokie Wind Farm, d’Alterra, en Colombie-Britannique.

La transaction permettra à Innergex de devenir « un joueur actif et bien positionné aux États-Unis » par l’ajout de quatre projets cumulant 220 MW nets. Outre les opportunités dans l’éolien et le solaire, Innergex y voit un potentiel dans les centrales hydroélectriques vieillissantes. Innergex compte par ailleurs accroître sa présence en France (221 MW dans l’éolien en 2017), alors que le pays s’est fixé l’objectif de doubler l’énergie éolienne d’ici 2023.

Du côté local, Innergex veut consolider sa position au Canada où elle produit déjà plus de la moitié de son énergie. Elle vise particulièrement le développement de projets en collaboration avec les communautés des Premières Nations, comme au Nouveau-Brunswick, au Québec ou en Colombie-Britannique. « Le développement de nouveaux projets hydrauliques au Canada est actuellement plus difficile. Mais Innergex a une expertise dans les petites centrales hydroélectriques où la compétition est beaucoup moins grande que dans les énergies éolienne et solaire. Les opportunités sont donc toujours présentes pour rénover et réaménager certaines installations hydroélectriques. »

Dans cette lancée, le défi majeur est d’estimer la capacité des projets à créer de la valeur à long terme, particulièrement à l’étranger comme aux États-Unis ou au Pérou. « Nous devons être prudents : l’évolution future des prix de l’électricité doit être analysée de manière réaliste de sorte que nous trouvions un bon équilibre entre risque et rendement. »

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