L’entreprise Écomestible propose une vision de l’aménagement du territoire inspirée de la nature ; une approche qu’elle a mis en application à la Ferme des Quatre-Temps.  

En activité depuis 2012, l’entreprise sherbrookoise Écomestible a été approchée à la fin de 2014 par Jean-Martin Fortier, référence en matière de maraîchage biologique et auteur du best-seller Le jardinier-maraîcher, pour participer au développement de la Ferme des Quatre-Temps (photos), projet phare de l’agriculture écologique initié par André Desmarais.

Écomestible y a conceptualisé et implanté les jardins de production de ce nouveau modèle de ferme holistique de façon à se prémunir des insectes et animaux ravageurs. « Sur la première parcelle de terre, 25% du territoire a été utilisé pour des aménagements pour la biodiversité. C’est un ratio extrêmement élevé pour ce type de projet », souligne Jonathan Pineault, co-fondateur d’Écomestible. Ainsi, l’eau de drainage des jardins alimente des étangs pour les crapauds, qui viennent se nourrir des ravageurs de culture. Des familles d’oiseaux nichent dans les 50 nichoirs disposés dans les jardins et chassent les insectes dans les jardins. Enfin, des haies et prés fleuris attirent des insectes prédateurs qui viennent, eux aussi, contrôler les insectes ravageurs.

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Pour l’entrepreneur, la Ferme des Quatre-Temps est un lieu idéal pour « expérimenter un modèle de ferme moderne qui redécouvre la ferme diversifiée d’antan ». Cette diversification permet d’assurer l’autonomie des agriculteurs et de développer une forme de résilience pour répondre aux instabilités économiques du marché. Ce projet agricole sert également de plateforme de recherche et développement pour tester le système et démontrer la viabilité d’un modèle agro-alimentaire alliant écologie et rentabilité. Dans cette perspective, Écomestible travaille en étroite collaboration avec le milieu scientifique afin de mesurer l’impact des aménagements réalisés en matière de biodiversité dans un contexte agricole de maraîchage.

À la lumière de ces expériences, à quoi ressemblera l’agriculture de demain? Cette question met en exergue deux visions opposées du système agro-alimentaire. Pour Jonathan Pineault, une première agriculture dite autonome est basée sur l’artificialisation des systèmes dans le but de les rendre plus productifs. À l’inverse de cette tendance, Écomestible s’appuie sur une vision de l’agriculture dite régénérative, qui propose un « retour et l’invention de nouveaux modèles inspirés des écosystèmes ». « Ce nouveau type d’agriculture prend en considération le paysage au sens large pour inverser la tendance en matière d’utilisation des sols et permettre au secteur agricole d’avoir un impact positif sur les changements climatiques. Il n’est pas suffisant de conserver les habitats. Il faut ré-inviter les écosystèmes dans nos habitats urbains et ruraux pour pouvoir inverser la tendance actuelle. »

Jonathan Pineault sera conférencier au Forum Novae le 25 octobre prochain.

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