Pour réduire le gaspillage alimentaire, La Transformerie redonne une valeur marchande aux denrées invendues des épiceries. Rencontre avec son cofondateur, Guillaume Cantin, ancien chef du restaurant Les 400 coups.

La Transformerie est un jeune organisme montréalais qui récupère les fruits et légumes retirés des étalages des épiceries et fruiteries partenaires du projet. Une partie de ces denrées est transformée en conserves selon des recettes élaborées par Guillaume Cantin. Parfaite illustration de l’économie circulaire, les conserves sont en retour vendues aux commerçants partenaires. L’autre partie des fruits et légumes est remise à des organismes communautaires.

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Guillaume Cantin (photo_Guillaume Lépine)

La réalisation du projet a nécessité au préalable de comprendre la réalité des commerçants pour qui la logistique du ramassage des denrées invendues demeure lacunaire. En réponse à leurs attentes, la priorité est d’opérer « une collecte efficace et récurrente sur laquelle les commerçants peuvent compter », indique Guillaume Cantin. Dans ce sens, trois ramassages par semaine sont prévus, de préférence pour les denrées dont le mûrissement est le plus avancé.

Parallèlement, l’éducation et l’information des partenaires et du public sont primordiales. Que ce soit au travers les réseaux sociaux ou des ateliers, la stratégie de communication de La Transformerie vise à éduquer sur le gaspillage alimentaire. « La perception des gens est de voir une moindre qualité dans les produits transformés à partir d’invendus, ce qui en freine l’achat. Or, ces fruits et légumes restent de qualité: simplement ils sont mûrs à point et exigent donc une consommation immédiate. C’est un véritable enjeu et notre communication met l’emphase sur la qualité et le goût. »

Au-delà de ces objectifs, l’organisme s’attèle au montage financier pour assurer le bon fonctionnement du projet. « Les fruits et légumes sont gratuits, mais nous devons réfléchir sur la façon de réduire nos coûts fixes relatifs, par exemple, aux personnes en charge de la récupération des denrées et de leur préparation. » Guillaume Cantin relève par ailleurs l’importance du partenariat avec les organismes communautaires. «Nous voulons faire plus [pour la communauté] avec moins [de coûts]. Les organismes communautaires sont nos alliés. Certains d’entre eux possèdent des véhicules et des cuisines. Nous travaillons actuellement sur la possibilité de les utiliser.»

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La Transformerie entame sa phase de prédémarrage avec la Maison du Quartier Villeray qui lutte contre la faim et l’appauvrissement, ainsi que cinq commerçants de fruiteries et d’épiceries franchisées de l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie. C’est l’occasion de tester l’efficacité du ramassage des denrées et de l’ajuster au besoin. Guillaume Cantin, aidé de bénévoles, est sur tous les fronts, du ramassage en autopartage à la transformation dans sa cuisine. L’objectif est d’être opérationnel début 2018. Pour Guillaume Cantin, «le projet permettra une réduction d’un tiers des déchets alimentaires des commerçants participants.»

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