À quoi ressemblerait le monde si l’on investissait une majeure partie de nos avoirs dans un rayon de 80 kilomètres ?

 « Je vous parle aujourd’hui d’un mariage étonnant, celui entre le monde de la finance et l’agriculture. Car nous faisons face à deux enjeux importants – distincts mais finalement liés : d’abord, on cherche de plus en plus à bien se nourrir et à prendre part à un système alimentaire sain et durable ; et parallèlement, on fait face à un milieu de la finance toujours plus déconnecté et spéculatif. C’est ce à quoi s’attaque le mouvement Slow Money », explique Mickaël Carlier  dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada.

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Mickaël Carlier, président, Novae

Inspiré du Slow Food, ce mouvement né dans les années 1980 en Italie en réaction à l’émergence de la restauration rapide, le Slow Money utilise les leviers de la finance pour soutenir les entrepreneurs qui oeuvrent dans le domaine de l’agriculture, biologique ou à petite échelle notamment. « Il faut ramener l’argent à la terre, nous dit ce mouvement, il faut redonner priorité au sol. Le message qu’on nous envoie ici, est que lorsqu’on détériore la santé des sols, on détériore notre propre santé! Le mouvement Slow Money nous interpelle : imaginez si l’on investissait nos avoirs à moins de 80 kilomètres de chez nous. Cela mérite d’y penser : sait-on vraiment où est placé notre argent ?»

Après les États-Unis et l’Europe, le mouvement Slow Money gagne le Canada, notamment en Colombie-Britannique, Nouvelle-Ecosse, Alberta et plus récemment au Québec. Ainsi, les groupes d’investisseurs qui s’inscrivent dans ce mouvement aide à mettre en contact des citoyens-investisseurs et des entrepreneurs qui ont besoin de fonds pour lancer ou développer leur entreprise. « C’est par exemple le cas de Knives & Forks, une coopérative de Vancouver qui met en relation des propriétaires de fermes et de restaurants, et des citoyens qui veulent investir dans des entreprises locales. Ensemble, ils développent une communauté solide et impliquée, engagée dans un secteur agro-alimentaire sain – tant sur le plan des aliments qui sont produits que des finances qui supportent ces projets !»

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

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Entrepreneurs du secteur alimentaire et citoyens-investisseurs se rencontrent lors de sessions de présentations, comme ici organisée par Knives & Forks à Vancouver.

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