Le Canada pourrait devenir un véritable épicentre pour le développement d’une nouvelle forme d’énergie renouvelable… issue de la houle.

Si l’on connaît bien les énergies renouvelables que sont le solaire et l’éolien, il existe une autre forme d’énergie, moins connue et produite par la mer: l’énergie houlomotrice. C’est ce qu’aborde cette semaine Mickaël Carlier dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. «C’est à ne pas confondre avec l’énergie marémotrice, qui utilise la force des marées; ici on utilise plutôt l’oscillation de la houle, l’énergie des vagues qui se propage à la surface de l’eau.» 

Cette forme d’énergie est encore peu connue, car demeure au stade de la recherche. «Si le Portugal testait déjà en 2008 une première ferme houlomotrice, c’est aujourd’hui l’Australie qui semble prendre de l’avance dans le domaine. Avec le support du gouvernement australien, l’entreprise Carnegie a mis en oeuvre la première ferme houlomotrice connectée au réseau: elle a ainsi fourni en énergie propre pendant plus d’un an la plus grande base navale australienne, dans la région de Perth.»  

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Mickaël Carlier, président, Novae

Un vaste projet de démonstration qui est sur le point de se matérialiser en vrai projet commercial : Carnegie annonçait récemment que sa technologie allait faire partie d’une nouvelle centrale solaire et houlomotrice sur l’île Maurice. «Il faut bien comprendre que les îles sont particulièrement concernées par les changements climatiques et la montée des eaux: ce sont des territoires qui sentent un besoin urgent d’investir dans les énergies renouvelables.»

Et l’Amérique du Nord n’est pas en reste: le département américain de l’énergie annonçait récemment un fonds de 12 millions$ pour accélérer la recherche dans le domaine de l’énergie houlomotrice. Et le sujet interpelle aussi au Canada : l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, rendait publique récemment une étude importante sur le sujet. «Alors que le Canada s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction de ses émissions de GES, l’étude souligne que l’énergie houlomotrice pourrait venir compléter le porte-feuille actuel de nos énergies renouvelables. De plus, cette énergie a l’avantage d’être particulièrement efficace, y compris en hiver, lorsque les tempêtes sont plus nombreuses, et donc l’énergie particulièrement disponible!»

D’ailleurs, toujours selon les recherches de l’Université de Victoria, la Colombie-Britannique pourrait devenir un véritable épicentre international de la recherche en énergie houlomotrice. «Pour la première fois on a dressé une base de données des côtes, courants et vagues qui permet d’identifier tous les sites potentiels pour des tests : on s’est en outre rendu compte que les caractéristiques de la côte et des courants étaient si diversifiées qu’on pouvait y effectuer des tests très divers, adaptés à de nombreuses conditions de par le monde, et ce, en un lieu unique! Une opportunité de positionner le Canada, et plus particulièrement la Colombie-Britannique, comme une destination de choix pour les entreprises et investisseurs du secteur!»

 

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

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L’une des technologies développées pour produire de l’énergie houlomotrice, dite du «serpent de mer».

 *Photo de Une : la technologie développée par l’entreprise australienne Carnegie.

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