Afin de lutter contre l’insécurité alimentaire dans le Nord canadien, des projets de serres nordiques et autres productions hydroponiques voient le jour. 

L’alimentation dans le Nord canadien constitue un véritable enjeu, rappelle Mickaël Carlier dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. «Les systèmes alimentaires y font face à de grands défis. Pensons aux changements climatiques qui modifient de plus en plus les habitudes de pêche et de chasse de ces communautés. Aux produits frais qui y sont peu disponibles – ou à des prix très élevés. La détresse alimentaire y est ainsi très préoccupante.» 

En outre, à l’échelle du Nord canadien, l’insécurité alimentaire frappe entre 17 % (Yukon) et 20 % (Territoires du Nord-Ouest) des ménages, ce qui est largement au-dessus de la moyenne canadienne de 13 %. La région la plus touchée est le Nunavut où un ménage sur deux fait face à de l’insécurité alimentaire.

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Mickaël Carlier, président, Novae

«Une des solutions permettant d’augmenter la disponibilité des produits frais et d’en réduire les prix, c’est de les produire sur place!» Pour y parvenir dans ces régions très froides, des projets de cultures hydroponiques voient le jour. C’est le cas de Project SucSeed, de St-John, qui vise à permettre aux habitants de Terre-Neuve et Labrador – et plus généralement de ceux du Nord canadien – de produire leurs propres légumes, grâce à des bacs de germination et de culture. « Aujourd’hui, plus de 500 de ces bacs de production hydroponique sont en service, notamment dans des coop alimentaires ; mais aussi dans des maisons de retraite, des écoles, et même dans des centres correctionnels! Car au-delà des objectifs alimentaires, SucSeed vise des objectifs sociaux de sensibilisation et d’éducation à l’agriculture et à la saine alimentation.»

Une autre approche consiste à développer le concept de serre nordique, comme le fait l’organisme Growing North, de Toronto. «Il a développé un système de serre géodésique d’une douzaine de mètres, qui se monte en quelques heures, et qui permet une production hydroponique verticale pour maximiser l’utilisation de l’espace. Cette serre fonctionne dans ces zones nordiques car quatre heures d’ensoleillement lui suffisent pour faire monter la température intérieure de 30 degrés!»

Le premier projet de Growing North est implanté à Naujaat, au Nunavut, un village dont plus de 60% de la population à moins de 18 ans. Ce qui a conduit l’organisme à développer un projet avec l’école secondaire : il y forme les jeunes en matière d’entrepreneuriat, de nutrition et d’horticulture ; les jeunes, eux, font du bénévolat dans la serre, et obtiennent des crédits d’étude. «Une façon à la fois de former les jeunes, mais aussi de les impliquer dans le projet, pour que la communauté se l’approprie et le fasse grandir.» Une approche si prometteuse qu’elle a même attiré l’attention de Google: Growing North a fait partie, il y a quelques semaines, des 10 organismes canadiens retenus dans le cadre du Google Impact Challenge!

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

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La serre Growing North, ici à Naujaat, au Nunavut, se monte en quelques heures.

 

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