Du militantisme aux pratiques d’innovation, la mode éthique bouleverse peu à peu son secteur. 

Ce concept de mode «éthique», comme le souligne Mickaël Carlier dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada, s’inspire du modèle de commerce équitable : on vise ici à développer une industrie du textile et de la mode plus responsable, ce qui implique autant les grandes marques que les détaillants et les designers. «On adopte alors des matériaux qui peuvent être biologiques ou recyclés, des processus de fabrication moins gourmands – en énergie, en eau, en transport. Et on cherche à réduire la consommation effrénée – cette sur-consommation si symptomatique de l’industrie de la mode. Et, bien sûr, on porte une attention aux droits humains, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, y compris dans les usines de fabrication, généralement à l’autre bout de la planète.»

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Mickaël Carlier, président, Novae

Car cette industrie a eu son lot de scandales, à l’instar de Nike dont la marque, durant toute les années 1990, a été synonyme de mauvaises conditions de travail et d’exploitation des enfants. Ou, plus récemment, l’effondrement, au Bangladesh, du Rana Plaza, le 24 avril 2013, un bâtiment qui abritait des ateliers de confection pour de grandes marques comme Benetton, Joe Fresh ou Mango. Une catastrophe qui avait fait plus de 1100 victimes. «Depuis trois ans, le 24 avril est devenu le ‘Fashion Revolution Day‘, un mouvement mondial lancé par la designer et militante britannique Carry Somers. Les internautes s’y prennent en photo avec un vêtement, l’étiquette bien visible: ce qui nous pousse, collectivement, à nous interroger sur la provenance de nos vêtements, sur les conditions dans lesquelles ils ont été fabriqués… et pousse les marques à améliorer leur pratiques et à faire preuve de plus de transparence.»

Ce type de mouvement – et ces catastrophes – mènent à l’adoption de nouvelles pratiques, plus respectueuses des enjeux sociaux et environnementaux. Ce qui se traduit par exemple par des référentiels communs, comme la Sustainable Apparel Coalition qui a développé des outils permettant aux entreprises du secteur de cartographier leurs pratiques. «Elles sont amenées à documenter d’où proviennent leurs matières premières, les conditions dans lesquelles sont fabriqués leurs produits, si elles ont mis en place des programmes de récupération et revalorisation des vêtements usagés, etc. Bref, les entreprises membres participent ainsi à un cercle vertueux, à un processus d’amélioration continue, bénéfique pour tout le secteur.» 

Et si les grandes marques prennent en compte ces enjeux, la mode éthique mobilise également toute une industrie de designers indépendants, de véritables entrepreneurs pour qui les aspects sociaux, environnementaux et économiques font partie intégrante du modèle d’affaires. «Une industrie qui donne également lieu à des événements inspirants. C’est le cas du Design Forward, à Toronto, qui combine défilés et compétitions afin de mettre en valeur des designers canadiens qui allient création et développement durable ; ou de l’Eco Fashion Week qui, chaque automne à Vancouver, mobilise les acteurs locaux et internationaux d’une mode plus responsable

Pour écouter la chronique au complet, cliquer ici.

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L’industrie de la mode innove, comme ici la marque québécoise Quartz, qui a lancé sa première gamme de manteaux faits à partir de soie d’Amérique. fibre naturelle issue de l’asclépiade.

 

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