Pour l’entrepreneur et ange investisseur Guy Gervais, les entreprises les plus intéressantes aujourd’hui sont celles qui ont un impact tridimensionnel. Explications.

À quelques jours de sa participation à la prochaine conférence Novae à Québec, l’entrepreneur et investisseur Guy Gervais nous partage sa vision de l’investissement d’impact. Pour rappel, l’« investissement d’impact », terme inventé en 2007, est une notion de plus en plus abordée aujourd’hui. La définition la plus citée, provenant d’un rapport publié en 2010 par J.P. Morgan, le Global Impact Investing Network et la Fondation Rockefeller, décrit l’investissement d’impact comme « des investissements visant à créer un impact positif au-delà des rendements financiers ». Les investisseurs d’impact cherchent à aller au-delà du « ne pas nuire » et s’orientent vers un véritable déploiement intentionnel afin de mettre en place des solutions aux problèmes sociaux.

« Pour moi, un investissement d’impact est réussi lorsqu’il génère à la fois un impact économique, écologique et social, raconte Guy Gervais, qui est notamment membre d’Anges Québec. Le meilleur exemple est mon investissement dans Ecotierra qui développe des projets forestiers et agroforestiers durables ayant des impacts socio-économiques et environnementaux majeurs. » Cette entreprise de Sherbrooke, certifiée B Corp depuis 2015, se spécialise dans le développement de projets avec des petits producteurs agricoles ou forestiers afin de lutter contre les changements climatiques et améliorer les conditions de vie d’une communauté sur un territoire donné. « Sur chacun de ses projets, l’entreprise arrive à avoir un impact tridimensionnel. Elle assure la transition vers des systèmes de production agricole durables permettant aux petits producteurs de convertir leurs parcelles déboisées et à faible rendement en parcelles certifiées biologiques et équitables. C’est ce type d’impact que je recherche lorsque j’investis. »

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Guy Gervais

D’après l’entrepreneur, on ne devient pas investisseur d’impact par hasard ; les raisons doivent dépasser le simple retour sur investissement. « Si je suis devenu ange investisseur, c’est pour avoir un impact social, pour pouvoir faire une différence au sein de la société. J’ai besoin d’être en phase avec l’organisation dans laquelle je souhaite placer des capitaux, il faut que nous ayons des valeurs communes. Je dois aussi avoir la certitude que je peux contribuer au développement de l’entreprise parce qu’investir dans une entreprise est une aventure humaine qui peut durer près d’une dizaine d’années. L’investissement d’impact est avant tout une aventure humaine. »

Dans un récent rapport, l’Association pour l’investissement responsable souligne que l’investissement d’impact connaît une croissance rapide au Canada et que l’on s’attend à ce que celle-ci se poursuive. Ainsi, en 2015, l’investissement d’impact a représenté 6,42 milliards $ au Canada, soit une augmentation de 55 % entre 2013 et 2015. Une croissance qui s’explique notamment par le fait que les investisseurs ont une meilleure compréhension des moyens de générer un impact social et environnemental positif dans plusieurs catégories d’actifs.

Selon Guy Gervais, cette situation s’explique aussi par le fait que le Québec possède de très bonnes dispositions pour la création d’entreprises à impact. « Aujourd’hui la province a une capacité d’attraction internationale et il s’agit d’une des meilleures places sur la planète pour lancer une entreprise qu’elle soit à impact ou non. Lorsqu’on voit qu’Airbnb rachète Luxury Retreats, le spécialiste québécois de location de maisons de luxe, pour 300 millions dollars, cela donne une bonne idée de notre santé entrepreneuriale. Ce genre de nouvelle permet d’attirer encore un peu plus l’attention et cela profite aussi à l’investissement d’impact. »

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Guy Gervais participera à la table ronde « Repenser l’entreprise » lors de la seconde Conférence de Novae à Québec, le 29 mars prochain, consacrée aux nouvelles stratégies liant innovation et impact social. Parmi les autres intervenants de l’événement figurent David Côté, cofondateur de Loop, Rise Kombucha et Crudessence, Nathalie Tremblay, présidente de Marmott Énergies, Philippe Laperriere, directeur général de la Baie de Beauport, et Bernard d’Arche, cofondateur à Lac-Mégantic de l’incubateur Quartier Artisan.

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