Les trois grands réseaux de détaillants Loblaw, Metro et Sobeys participent à un tout premier programme commun destiné à redistribuer leur nourriture invendue aux plus démunis.

Le réseau des Banques alimentaires du Québec (BAQ) a en effet annoncé le déploiement de son Programme de récupération en supermarchés (PRS), à travers le Québec afin d’apporter une réponse à la fois aux problèmes de gaspillage et de précarité alimentaire sur tout le territoire. L’objectif du PRS est de permettre, à terme, de récupérer 8 millions de kilos de nourriture annuellement qui, autrement, auraient été jetés. Même la viande sera récupérée. « Il n’y a pas vraiment eu de résistance de la part des épiceries, mais l’implantation de ce programme ne s’est pas pris du jour au lendemain, raconte Annie Gauvin, directrice générale des Banques alimentaires du Québec. Cela a été grandement facilité par le travail de sensibilisation effectué pendant plus d’une dizaine d’années par les médias, les ONG et les startups. »

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Premier programme du genre au Canada, le PRS est né d’un projet-pilote, débuté en 2013, testé en collaboration avec des détaillants en alimentation et Moisson Montréal. Au cours de cette initiative, à laquelle 177 épiceries ont participé, 2,5 millions kg de denrées ont été récupérés, soit une valeur de près de 20 M $ et une réduction de plus de 2 000 tonnes de CO2. Ainsi, le PRS s’inscrit dans la continuité de ce projet-pilote qui sera déployé à une plus grande échelle. Hormis les bénéfices alimentaires, il permettra la réduction de plus de 7 000 tonnes de CO2 par année, soit l’équivalent de retirer 1 500 voitures de la route.

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Le programme de récupération en supermarchés permettra de récupérer jusqu’à 8 millions de kilos de nourriture annuellement.

Selon le Value Chain Management Centre, le gaspillage alimentaire au Canada en 2014 est estimé à une valeur de 31 milliards de dollars, soit une hausse de 15% par rapport à 2010. Dans le même temps, les demandes d’aide alimentaire d’urgence au Québec ont été en hausse de 100 000 demandes par mois et les banques alimentaires manquent de ressources pour y répondre. L’augmentation du coût du panier d’épicerie ces dernières années a un impact direct pour les familles qui représentent près de la moitié de la clientèle des Banques alimentaires du Québec. Les demandes mensuelles d’aide alimentaire s’élèvent aujourd’hui à 1,8 millions $ par année. Le déploiement du PRS à travers le Québec devrait améliorer la situation et permettre de nourrir plus sainement des gens dans le besoin.

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Ce programme est mené avec le soutien de Recyc-Québec qui finance le projet à une hauteur de 400 000 dollars alors que Metro, Loblaw et Sobeys s’impliquent notamment dans les nombreux aspects liés à la logistique. Quelques 175 magasins se joindront à l’initiative cette année, pour un total de 611 d’ici à trois ans. « Faire travailler ensemble trois compétiteurs n’est pas une mince affaire, mais cela prouve que les parties prenantes de ce programme ont un certain idéal de société en tête. Les prochaines étapes dans la lutte contre le gaspillage alimentaire sera de réunir l’ensemble des acteurs de l’industrie, incluant producteurs et transformateurs, afin de mettre en place des programmes de ce type encore plus forts », conclut Annie Gauvin.

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