De David Usher à Spotify, voici comment certains projets mettent l’art au service de l’innovation sociale.

Car oui, au-delà des articles scientifiques, des discours politiques ou des grandes campagnes menées par les ONG, l’art constitue un excellent levier de mobilisation et d’implication, rappelle cette semaine Mickaël Carlier dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada. «C’est d’ailleurs ce sur quoi travaille depuis quelques années le chanteur David Usher, qui lançait récemment son ‘horloge climatique‘ : un outil de visualisation qui suit les progrès réalisés en matière de lutte aux changements climatiques. Elle utilise une multitude de données scientifiques, qu’on cherche ici à rendre plus intelligibles et concrètes, les concepteurs étant partis de la prémisse qu’on ne mesure pas nos vies en degrés, mais bien en temps, en années.» Une horloge accessible en ligne, mais surtout qui donne lieu à des projections extérieures, comme récemment en plein centre-ville de Montréal.

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Mickaël Carlier, président, Novae

Et si ce projet émane d’un artiste, d’autres misent sur l’effet de groupe : Jellyfish Project, en Colombie-Britannique, invite les bands à devenir de véritables porteurs de messages sociétaux ou environnementaux. «On voit bien lorsque des Leonardo di Caprio ou autres Bono prennent la parole pour une cause combien ces interventions suscitent une très grande attention. Le concept de Jellyfish Project est donc d’inciter des artistes, même moins connus, à sensibiliser leurs publics aux enjeux climatiques ou sociaux lors de leurs concerts ou d’autres événements.» Et les programmes du Jellyfish Project permettent aussi à des groupes de se produire directement dans des écoles. «Les jeunes bénéficient d’un concert, et ont l’occasion de prendre part, dans leur milieu scolaire, à ces discussions, là encore menées par le biais de ces artistes impliqués.»

Les grandes entreprises du milieu culturel ont, elles aussi, l’occasion d’avoir un fort impact dans la communauté. Prenons l’exemple de Spotify qui, l’an dernier, à l’issue de sa participation au festival South by South West, «recyclait» son kiosque en donnant instruments et matériel audio à une école secondaire de la région qui a ainsi pu ouvrir un véritable lab musical. «L’opportunité, bien sûr, pour ces jeunes d’apprendre la musique ou de développer de nouvelles compétences dans ce domaine. Mais en plus, un an plus tard, un album créé par ces jeunes vient d’être mis en ligne sur Spotify ! Imaginez la fierté pour ces jeunes. Des jeunes qui restent d’ailleurs plus facilement à l’école, après les courts, pour profiter du lab : une belle façon de lutter contre le décrochage scolaire.»

Pour écouter la chronique, cliquer ici.

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