Cette nouvelle technologie – unique au monde – permet de remplacer le mazout par une biohuile fabriquée à partir de déchets organiques et de… sacs de plastique.

L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) et le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) ont récemment breveté un réacteur vertical à vis sans fin qui permet de convertir des résidus organiques en biohuile, une énergie renouvelable moins polluante que les énergies fossiles. Dans un contexte agricole, cet équipement peut, entre autres, transformer des résidus de cultures, des déchets issus de la transformation d’aliments et des sous-produits animaux en un biocarburant qui pourra ensuite être utilisé pour chauffer des bâtiments.

Mais ses applications ne sont pas limitées à l’agriculture, estiment les deux organisations, puisque la technologie pourrait trouver sa place dans de nombreux autres secteurs, par exemple pour traiter des boues déshydratées provenant d’usines de traitement des eaux usées ou des rejets d’usines de biométhanisation.« L’idée de base était de valoriser les déchets de l’industrie agricole mais nous nous sommes rendus compte que cela peut s’adresser à n’importe quel secteur aux prises avec des déchets qui ne peuvent pas aller à l’enfouissement, explique Stéphane Godbout, chercheur à l’IRDA. Il s’agit littéralement d’économie circulaire : on transforme ces déchets en biohuile mais aussi en biocharbon qui peuvent être utilisés pour du chauffage ou de l’électricité. »

De plus, des travaux menés conjointement depuis 2014 par l’IRDA et le CRIQ ont démontré qu’il est possible d’améliorer les propriétés de la biohuile issue du procédé grâce à l’ajout de résidus de plastique, et ainsi d’établir les proportions optimales pour le mélange avec le mazout afin de produire un biocombustible efficace destiné à alimenter les systèmes de chauffage de serres horticoles. « En plus de résoudre la problématique de la gestion des résidus agricoles, cette invention contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout comme l’a permis l’éthanol lorsqu’il fut incorporé à l’essence il y a une vingtaine d’années  », indique Georges Archambault, président et chef de la direction de l’IRDA.

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